nouveau film
Posté le 03.12.2007 par artsocial
Présentation
Evocation de la vie du folk singer Bob Dylan, incarné successivement par six comédiens. Chacun d'entre eux représente une des facettes de Bob Dylan
Inutile de maîtriser son Dylan sur le bout des doigts pour être sensible à ce spectacle unique qui montre qu'un homme n'est jamais seulement un, mais toujours plusieurs... Nom d'un chien : Dylan, c'est nous aussi.
le film terminé, on sait qu'on a rêvé les yeux ouverts sur un homme secret. Il fallait oser. Todd Haynes l'a fait
Todd Haynes (...) a (...) fait preuve d'un talent monstre pour dire la compléxité de Dylan le temps d'un film peu ordinaire. "I'm not there" est un puzzle halluciné, déstructuré et d'une puissance esthétique rare.
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Posté le 03.12.2007 par artsocial
Présentation
Malgré les réticences de son fils Nejat, Ali, qui est veuf, décide de vivre avec Yeter, une prostituée d'origine turque, comme lui. Mais Nejat, jeune prof d'allemand, ne tarde pas à se prendre d'affection pour la douce Yeter lorsqu'il comprend qu'elle envoie presque tout son salaire à sa fille, en Turquie, pour lui payer des études supérieures. La mort accidentelle de Yeter éloigne durablement le père de son fils. Nejat se rend à Istanbul dans l'espoir de retrouver la trace d'Ayten, la fille de Yeter. Mais Nejat ignore qu'Ayten, activiste politique d'une vingtaine d'années, a fui en Allemagne pour échapper à la police turque. A Hambourg, Ayten sympathise avec Lotte, une étudiante allemande aussitôt séduite par le charme et l'engagement politique de la jeune Turque. Lotte propose même à Ayten de l'héberger chez elle, malgré les réticences de sa mère, Susanne. Arrêtée et placée en détention, Ayten est finalement reconduite à la frontière puis incarcérée en Turquie. Sur un coup de tête, Lotte décide de tout abandonner et de se rendre en Turquie, où elle se heurte à une bureaucratie pesante : tous les efforts pour faire libérer Ayten semblent vains...
Les critiques
Avec 'De l'autre côté', Fatih Akin réalise un film touchant sur la mort, mais surtout sur la vie. Deux morts pour deux familles étroitement mêlées par l'intermédiaire d'une troisième. Un père et son fils, des mères et leurs filles, qui se croisent et se perdent dans les rues de Brême, d'Hambourg et d'Istanbul. Il y est question d'amour, de combat et d'engagement. Les relations entre l'Allemagne - et plus généralement l'Europe - et la Turquie sont au coeur de ces chassés-croisés. Le propos est juste mais la forme se révèle parfois confuse et téléphonée. Ces personnages impeccablement interprétés ne se trouvent finalement jamais et leurs liens apparaissent par conséquent quelque peu artificiels. Dommage, le film en paraît un peu long et fastidieux, malgré l'émotion qu'il sait susciter.
Le Monde - Thomas Sotinel (25 mai 2007)
Curieusement, on dirait qu'au moment de mettre en scène son scénario Fatih Akin a été impressionné par le travail accompli. Le souci d'exprimer clairement un propos et une histoire compliqués laisse parfois une sensation de sécheresse. Heureusement, les interprètes sont là pour l'atténuer, et souvent, même, pour la faire oublier.
Les Inrockuptibles - Vincent Ostria (13 novembre 2007)
Fatih Akin, cinéaste doué, en fait trop avec son mélo social déterministe qui brasse trop de thèmes et de (bons) sentiments.
Télérama - Pierre Murat (14 novembre 2007)
Après 'Head-on', Fatih Akin nous bouleverse encore.
Studio - Thierry Cheze (novembre 2007)
Sa gestion des rebondissements, les moments où la mort surgit par surprise pour nourrir le rythme d'un récit jamais ronronnant sont admirables.
Libération - Olivier Seguret (24 mai 2007)
C'est un curieux phénomène que constate le critique à l'heur d'écrire ses premières lignes sur 'De l'autre côté', le nouveau et bouleversant film de Fatih Akin : il est pratiquement impossible d'en raconter l'histoire sans en emmêler l'écheveau alors que, à l'écran, son déroulement est limpide et même cristallin.
Le Figaro magazine - Laurence Haloche (10 Novembre 2007)
On sort la tête pleine et le coeur lourd d'avoir partagé avec chaque personnage un moment intense, dont le souvenir demeure longtemps après le générique.
Libération - Philippe Azoury (14 novembre 2007)
C'est la force innée du film, de se montrer sévère avec la Turquie, l'exercice de la force, l'autorité politique qui en brime les voix tout en donnant ce pays à aimer, profondément.
Le Monde - Jean-Luc Douin (14 novembre 2007)
Construit avec un efficace sens de l'ellipse, ce film impressionne par sa maîtrise, sa profondeur humaine, son plaidoyer pour l'échange culturel, la manière dont il remet en cause les notions de patrie et de 'chez-soi', la sérénité de l'apaisement.
Posté le 03.12.2007 par artsocial
Présentation
L'histoire de plusieurs personnes impliquées de près ou de loin dans le combat américain contre le terrorisme : un sénateur qui essaye de vendre la dernière stratégie globale à une journaliste d'information de télévision, un professeur universitaire idéaliste qui essaye de convaincre le plus prometteur de ses élèves de changer de vie, et deux jeunes hommes qui combattent dans les montagnes enneigées d'Afghanistan, dont le seul désir est de rejoindre l'armée américaine dans le combat global dans la lutte contre le terrorisme
Je ne l'ai pas vu et les avis des critiques sont trop différents pour que je puisse vous donner l'un ou l'autre avis:
Studio - Sophie Bénamon (Novembre 2007)
Le réalisateur nous oblige à assister à des discussions que nous ne prenons jamais le temps d'écouter. C'est dense et riche en informations. Et tellement rare qu'Hollywood ose assumer un film de paroles et d'idées.
Studio - Béatrice Toulon (Novembre 2007)
Il existe une tradition des films de dialogues dans le cinéma américain et vouloir la poursuivre est honorable. Mais elle requiert des échanges percutants ou moins lénifiants.
Le Figaro magazine - Valérie Lejeune (17 novembre 2007)
Hélas, le scénario plan-plan et systématique qu'il s'est mis sur le clap sonne comme un cours de morale et endort au lieu de réveiller les consciences. Raté.
Télérama - Pierre Murat (21 novembre 2007)
Redford épingle avec un talent inégal un pays cynique et désabusé.
Les Inrockuptibles - Serge Kaganski (20 novembre 2007)
Voir Tom Cruise faire son numéro de politicien madré, roublard, cynique (jeu à double fond de l'acteur et du personnage) constitue un spectacle assez jubilatoire et injecte un peu d'énergie et d'électricité dans ce film, le sauvant de l'insignifiance.
Le Figaroscope - Emmanuèle Frois (21 novembre 2007)
Il s'agit là d'une réflexion sur la démocratie, l'engagement individuel, le rôle des médias (.. .). Un film qui repose sur les mots, le débat d'idées plutôt que sur l'action pure.
Le Monde - Thomas Sotinel (21 novembre 2007)
Les dialogues, bavards, ne laissent rien à l'imagination, chaque question - la responsabilité individuelle et collective, les rapports qui les unissent, l'indépendance des médias, la validité de la démocratie représentative - est posée encore et encore.
A nous Paris - Fabien Menguy (19 novembre 2007)
Un film intelligent, bien joué et beaucoup moins manichéen qu'on n'aurait pu le craindre.
Posté le 03.12.2007 par artsocial
Présentation
New York, fin des années 1980. Bobby est le jeune patron d'une boîte de nuit branchée appartenant aux Russes. Avec l'explosion du trafic de drogue, la mafia russe étend son influence sur le monde de la nuit. Pour continuer son ascension, Bobby doit cacher ses liens avec sa famille. Seule sa petite amie, Amanda est au courant : son frère Joseph et son père Burt sont des membres éminents de la police new-yorkaise...
Chaque jour, l'affrontement entre la mafia russe et la police est de plus en plus violent, et face aux menaces qui pèsent contre sa famille, Bobby va devoir choisir son camp...
La critique
La mafia russe vit de beaux jours… Après David Cronenberg et ses 'Promesses de l'ombre', c'est au tour de James Gray de dépeindre un New York aux mains du milieu venu de l'Est. Après 'Little Odessa' et 'The Yards', le réalisateur nous plonge à nouveau au coeur d'un drame criminel à la noirceur opaque. Une histoire familiale complexe dont il s'évertue à décortiquer les ressorts émotionnels. Et indubitablement, la nuit lui appartient. Il sait la filmer. En saisir l'intensité et en capter la pulsion de vie. Les lumières et ses tumultes. A l'effervescence des clubs, il oppose le silence tendu de la rue. Ces artères déshumanisées et ténébreuses où se trament, à l'écart des joies naïves des convives, les tractations des hommes aux mains sales. L'immersion est totale et immédiate. Avec un sens aigu du cadre et de la mise en scène, James Gray prend le temps d'installer ses personnages à travers un scénario minutieusement orchestré. Il déroule l'ascension de Bobby Green, magistralement interprété par un Joaquin Phoenix charismatique, se complaisant dans une opulence aveugle et sans limites. Face à lui, Gray place la gravité solennelle du frère (Mark Wahlberg), et la sévérité sage du père (Robert Duvall). Mais au up exaltant succède un down hypnotique. Le trio que vient compléter une Eva Mendes très inspirée s'enlise peu à peu dans une tourmente shakespearienne. Acculé, Bob cède à la vengeance meurtrière. Mais Gray ne donne pas de leçon et dénonce davantage l'échec d'un système qu'il ne glorifie l'outrecuidance d'une police toute-puissante. De cette imbrication entre la complexité subjective du drame humain d'une part et la réalité violente qui s'impose à cette famille d'autre part naît toute la force du récit que vient parachever un impressionnant souci d'authenticité esthétique. 'La Nuit nous appartient' frôle la perfection, simplement entaché par deux "je t'aime" et un "amen" inutiles en ultime point final.
Posté le 21.11.2007 par artsocial
Présentation
Rémy Bassano, petit artisan parisien, réservé et insignifiant, devient malgré lui le libérateur d'une tribu opprimée dans un autre monde. La vénération totale et aveugle de tout ce peuple à son égard va lui permettre de découvrir en lui des ressources insoupçonnées.
Oui, l'affiche ressemble à celle du 'Boulet' avec le même Poelvoorde. Oui, le film est surmédiatisé comme étant LA comédie familiale du moment... De quoi repousser même les fans du génie belge. Et pourtant. C'est une agréable surprise que révèlent ces 'Deux Mondes'. D'abord parce que Benoît Poelvoorde tient le film à bout de bras avec autant de fantaisie que de tendresse. Il donne à ce Rémy-là (à ne pas confondre avec le célèbre Rémy de 'C'est arrivé près de chez vous') toute son humanité dans son rôle de loser et tout son sens de l'exagération dans son rôle de leader révolutionnaire. Ensuite, parce que le film recèle de quelques trouvailles visuelles impressionnantes, comme lorsque Benoît Poelvoorde s'enfonce littéralement vers ce deuxième monde. Et enfin, parce que Daniel Cohen a le sens du rythme. Il navigue avec facilité entre ces deux univers, sans perdre le fil de son histoire, sans s'appesantir non plus. Finalement, on ne regrette qu'une chose : qu'il passe légèrement à côté de son sujet. Alors que le personnage de Benoît Poelvoorde se fait d'abord libérateur puis dictateur d'un peuple opprimé, Daniel Cohen ne fait qu'effleurer les thèmes de la liberté, de la démocratie et du traditionalisme. En privilégiant l'estime de soi comme enjeu principal, le réalisateur retombe dans les travers précédemment incriminés, et ne signe qu'une bonne comédie familiale.
Posté le 20.11.2007 par artsocial
Présentation
Une sage-femme enquête sur l'identité d'une jeune Russe, morte en couche, le soir de Noël. Elle ne tarde pas à découvrir que la défunte était une prostituée, mêlée malgré elle aux agissements d'un groupe de proxénètes. Ses problèmes ne font alors que commencer...
Chairs marquées, mondes antinomiques, sentiments troubles, sexe, violence, quête identitaire : David Cronenberg déroule dans ‘Les Promesses de l’ombre’, l’essentiel de son oeuvre pour atteindre la perfection. A première vue, on croit déceler un lien de parenté avec ‘A History of violence’ (même acteur, même registre…), mais bien vite nos certitudes se brisent face à l’incroyable singularité du film. Véritable tragédie, explorant les racines du mal, ‘Les Promesses de l’ombre’ touche juste et en profondeur. Derrière cette histoire de caïds et de poupées désarticulées livrées en pâture à des mâles immoraux, Cronenberg décortique l’humanité. Plus pervers que jamais, le réalisateur de ‘Crash’ dissimule sous ce thriller gorgé de testostérone une oeuvre magistrale : organique, charnelle, viscérale, entièrement dédiée à questionner l’âme humaine. Sa tragédie est antique, pleine de secrets et frustrations, de clans, de fratries et de passions déchirantes. Son Londres est une ville à deux strates. En surface, la vie banale d’une sage-femme. En souterrain, une inquiétante mafia russe. Ce que scrute Cronenberg, c’est la rencontre fortuite de deux univers contradictoires. Jamais manichéen, il creuse dans l’humain comme d’autres bêchent les champs glacés de Sibérie. Et Cronenberg prend son temps, aiguise son sens du détail, impose son atmosphère lourde et virile. De sa volonté dépend notre droit de reprendre notre souffle. Avec la même ardeur, il dirige un Viggo Mortensen stupéfiant à l’interprétation irréprochable. Notamment dans cette scène à la violence toute “cronenbergienne” : Mortensen, dans le plus simple appareil, se battant contre deux tueurs tchétchènes avec une rage et une bestialité sans nom. Dans ces ‘Promesses de l’ombre’, Cronenberg filme les coeurs et les chairs au plus près. Tendre naïveté, violence primaire : la palette du maître n’a pas de limite.
Posté le 20.11.2007 par artsocial
Présentation
C'est l'éblouissante histoire vraie du tout premier cri de la vie. Elle se répète 364.501 fois par jour sur tous les continents.C' est l'histoire de notre venue au monde. Contraste des cultures, contraste des peuples, contraste des couleurs. La naissance sur grand écran.
Dix pays. Dix naissances. Dix façons différentes d'appréhender l'événement. D'en explorer son univers. Dans une clinique ou dans le désert. Dans le respect de la tradition, sans assistance médicale ou encore dans l'eau avec les dauphins… A travers ces différentes approches, Gilles de Maistre offre "une photo du monde d'aujourd'hui" et s'efforce d'en capter la vie. Face à l'intensité dramatique, la caméra se fait peu à peu oublier. Profondément respectueux, le réalisateur filme ce moment à la fois intime et universel et se laisse porter par le réel. Dans cette façon qu'il a de vous faire faux bond et d'aller constamment au-delà du prévu. C'est la grande force du documentaire. Genre dans lequel Gilles est passé maître avec près de vingt ans d'expérience. Le réalisateur est pourtant parvenu à donner à son récit des airs de grand film de cinéma. Il en a la poésie et l'émotion. Les histoires et les personnages. L'esthétique visuelle et sonore. Et au-delà de l'hymne à la femme et de l'émotion intense que suscite la naissance, le film met en évidence une réelle diversité : des paysages et des climats mais surtout des cultures, des traditions, des techniques et des technologies. Aux appareils sophistiqués des hôpitaux se substitue parfois la culture traditionnelle à laquelle les femmes se plient aveuglément. Si l'accouchement est préparé et (très) attendu dans des pays tels que les Etats-Unis ou la France, il est vécu de façon autrement plus instinctive dans les pays plus démunis où l'accès aux soins est souvent très limité, voir inexistant. Cette diversité, le réalisateur la souligne d'autant plus par un saisissant travail de montage. Les sons et les images se chevauchent, liant toutes ces femmes pourtant éparpillées aux quatre coins du monde. Et à travers cette pluralité des savoirs et des techniques, Gilles de Maistre nous invite à une réflexion sur notre propre condition humaine et notre rapport au monde.
Posté le 20.11.2007 par artsocial
Présentation
Michael Clayton est un avocat particulier : il ne plaide pas mais règle les problèmes personnels de ses clients depuis quinze ans. Il va devoir gérer un scandale sanitaire dans lequel est impliquée une des grosses firmes dont il s'occupe. L'occasion pour Clayton de réaliser jusqu'où il est prêt à aller pour 'nettoyer' les dossiers compromettants.
Dans la lignée de ‘Erin Brockovich’, Tony Gilroy tente avec ‘Michael Clayton’ de faire pénétrer le spectateur avec lui au sein des hautes sphères financières, où manipulations et mensonges sont monnaie courante. Si les premières réalisations de scénaristes donnent souvent des films trop écrits et pas assez réalisés, Tony Gilroy s’en sort plutôt bien. C’est du réchauffé mais ce n’est pas sans plaisir. D’autant plus qu’il préfère dépeindre les motivations de chacun, conspirateurs comme victimes, plutôt que de s’enfoncer dans une intrigue extravagante sur fond de théorie du complot. En lieu et place de spectaculaire, il sonde les consciences et montre les automatismes nécessaires à la sauvegarde d’un système, d’une société ou d’une firme, quelles qu’en soient les conséquences, éthiques ou morales. Pas de manichéisme facile puisque ceux qui tirent les ficelles ne sont pas des stéréotypes de corrompus, mais au contraire ambigus. Ils tentent de se convaincre des mystifications qu’ils répandent pour éviter le scandale et surtout la faillite. Pour certains, ce vernis de conviction est altérable et précaire. Seul bémol : retournement de situation et prise de conscience sont encore une fois dus à un ressort affectif. Comme si pensées et analyses ne pouvaient participer à un sursaut et au refus de servir une idéologie. Sans mort d’homme, pas de quoi faire un film, car moins crédible et surtout moins héroïque. Politiquement correct oblige : mieux vaut rester dans le domaine des sentiments et ne pas rentrer dans le champ politique. Mi-figue, mi-raisin ‘Michael Clayton’ a la vertu d’interroger notre société industrielle contemporaine mais le défaut de ne pas aller plus en avant dans son étude.
Posté le 20.11.2007 par artsocial
Présentation
De retour d'Irak pour sa première permission, Mike Deerfield disparaît mystérieusement et est signalé comme déserteur. Son père, Hank, un ancien membre de la police militaire, et sa mère Joan se lancent à sa recherche avec le concours d'Emily Sanders, officier de police de la juridiction du Nouveau-Mexique où Mike a été aperçu pour la dernière fois. Face au silence et à l'hostilité croissante des autorités militaires, Hank et Emily soupçonnent bientôt un coup fourré. Les indices troublants s'accumulent, et la vérité sur le séjour en Irak de Deerfield finit par éclater, bouleversant à jamais la vie de Hank et ses croyances...
Le scénariste fétiche de Clint Eastwood continue d'explorer de façon magistrale les errements de l'âme et les douleurs de l'homme. L'Amérique, la guerre, la mort, le déshonneur. Des thèmes dont Paul Haggis a appris à révéler chaque ressort. Pour sa deuxième réalisation, nous retrouvons ces personnages plongés en plein désarroi, confrontés à la perte de leurs illusions. Avec finesse et pertinence, le réalisateur témoigne de cette Amérique encore toute endolorie par le 11 septembre mais qui s'efforce depuis peu de panser ses blessures. Le propos n'est pas didactique. Le réalisateur aborde le conflit irakien dans ce qu'il a de plus universel. Il ne s'agit pas de stigmatiser partisans et opposants. Pas d'héroïsation ni de compassion dégoulinante. Paul Haggis dépeint une humanité sans artifice. Avec empathie, il s'interroge sur les capacités de chacun à réagir devant la perte de ses valeurs les plus profondes. Tommy Lee Jones est encore une fois l'auteur d'une énorme performance et délivre une interprétation bouleversante de sobriété. Il est ce père figé dans ses convictions d'ancien membre de la police militaire. Corseté dans sa rigueur, au bord de l'implosion, il finit enfin par être cet homme en colère. Susan Sarandon est cette mère totalement impuissante et dépassée par les enjeux. Charlize Theron, bien que sincèrement investie dans son personnage, est sans doute la moins convaincante du trio. Malgré tout, Haggis déroule un scénario fluide aux dimensions surprenantes. Partant d'une simple enquête policière, il laisse apparaître peu à peu des questions et des vérités autrement plus vastes. Le traumatisme de soldats confrontés à une réalité dont ils ignorent tout. La difficulté de leur réinsertion dans une société qui feint d'ignorer. Paul Haggis se garde bien de toute théorisation simpliste. Sobre et serein, il fait part de ses doutes et des ses indignations avec calme et réflexion, rendant son discours d'autant plus percutant.
Posté le 20.11.2007 par artsocial
Présentation
Dans les rues de Dublin, deux âmes seules se rencontrent autour de leur passion, la musique... Il sort d'une rupture douloureuse. Elle est mariée à un homme qu'elle n'aime plus. Dans un monde idéal, ils seraient faits l'un pour l'autre. Ensemble, ils vont accomplir leur rêve de musique.
Once, il était une fois une belle histoire. A mi-chemin entre la comédie musicale et l’histoire d’amour, ‘Once’ ne s’inscrit dans aucun des deux genres. Autrefois bassiste du groupe de rock irlandais The Frames, John Carney réalise aujourd'hui des films, avec le souhait récurrent de raconter la musique. 'Once' est donc ce conte musical moderne. Bien sûr, le contexte se fait sombre, à mille lieues de l’Irlande florissante des magazines économiques, c’est le Dublin qui survit. Le froid saisit, le gris devient couleur, les murs sont en brique, la réalisation sans effets, neutre presque translucide. Et pourtant le miracle se produit. Il faut rendre hommage aux deux acteurs, Glen Hansard et Marketa Irglova qui incarnent cet homme et cette femme. Marketa Irglova, notamment - seulement 17 ans au moment du tournage - livre une prestation très prometteuse. Les acteurs sont filmés au plus près, avec énergie mais sans voyeurisme. Rupture amoureuse, pauvreté, immigration, mère célibataire, solitude, pas de coiffure, ni de maquillage, ni de lumière artificielle, peu de dialogues : John Carney aurait difficilement pu faire plus sombre, il frise même le misérabilisme. Il se dégage toutefois une forme de poésie de ces images épurées, guidant ces personnages qui deviennent alors des bienheureux. Ils s'offrent l’espérance, qui avait depuis longtemps déserté leur réalité. L'omniprésence de la musique et les airs de ‘Falling Slowly’ et ‘When Your Mind’s Made Up’ nous accompagnent longtemps après le générique de fin. Comme pour emprisonner la magie.