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Ce qui est important, ce n'est pas de finir une oeuvre, mais d'entrevoir qu'elle permette un jour de commencer quelque chose.
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13.08.2007
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Souviens toi et tu seras

12 dec 1961:Marie Besnard,« l'empoisonneuse de Loudun » est acquittée.

Posté le 13.12.2007 par artsocial
Marie Besnard (15 août 1896-14 février 1980), surnommée la « Bonne Dame de Loudun », une femme imposante mais avec une voix de fillette, fut soupçonnée d'être une tueuse en série et reste au centre d'une des énigmes judiciaires française du XXe siècle.

C'est le 21 juillet 1949 que Marie Besnard, de son nom de jeune fille Marie Joséphine Philippine Davaillaud, est inculpée de meurtre : douze personnes empoisonnées, dont son propre mari.

L'histoire se passe dans la petite cité de Loudun (8 000 habitants à l'époque des faits), là où l'affaire Urbain Grandier (né en 1590, et mort sur le bûcher de Loudun en 1634) avait fait grand bruit quelques siècles auparavant. On observe plusieurs similitudes entre ces deux affaires, dont la part très importante des rumeurs ; rumeurs qui ont joué dans l'arrestation de Marie Besnard comme dans celle d'Urbain Grandier. C'est ce que souligne Frédéric Pottecher, chroniqueur judiciaire à la radio du procès de Marie Besnard, dans la préface du livre Nous, Urbain Grandier et Martin Guerre, condamnés et exécutés (édition Cherche-Lune). Les deux accusés ne donnèrent jamais aucune information pouvant être retenue contre eux. Marie Besnard fut décrite comme « anormalement normale » par la psychiatrie.

Après trois procès, le premier à Poitiers, qui durèrent plus de dix ans, Besnard, accusée et menacée de la peine capitale, fut libérée en 1954 puis acquittée par la cour d'assises de Gironde le 12 décembre 1961.

Ce feuilleton judiciaire mobilisa la France entière pendant toute une décennie ; c'est, avec l'affaire Marie Lafarge, l'une des plus étonnantes énigmes d'empoisonnement.

Morts en série
L'affaire Besnard débute à la mort de Léon Besnard, le 25 octobre 1947 à Loudun ; son décès fut attribué à une crise d'urémie.

Quelques jours après l'enterrement, Mme Pintou, amie et locataire des époux Besnard, confia à un proche que Léon Besnard, avant de mourir, lui avait confié : « que sa femme lui avait servi de la soupe dans une assiette où se trouvait déjà un liquide ». Les détails de ce témoignage furent portés à la connaissance de la gendarmerie puis à un juge d'instruction qui diligenta l'exhumation du corps de Léon Besnard, le 11 mai 1949.

Les prélèvements furent expédiés à un médecin légiste marseillais, le docteur Béroud, qui découvrit dans les viscères de Léon Besnard 19,45 mg d'arsenic pur.

Une enquête de police, suite notamment à un cambriolage survenu chez Mme Pintou, ainsi que le témoignage de nombreux habitants de Loudun, attira l'attention des magistrats et de la population sur les nombreux décès survenus dans l'entourage de Marie Besnard, à savoir :

le 1er juillet 1927 : Auguste Antigny (33 ans), cousin et premier époux de Marie Besnard, déclaré mort de tuberculose. Dans ses restes, exhumés, on découvrit 60 mg d'arsenic ;
le 22 août 1938 : Marie Lecomte, née Labrèche (86 ans), grand-tante par alliance de Marie Besnard. Dans ses restes, exhumés, on découvrit 35 mg d'arsenic ;
le 14 juillet 1939, Toussaint Rivet (64 ans), ami des époux Besnard. Dans ses restes, on découvrit 18 mg d'arsenic ;
le 27 décembre 1941, Blanche Rivet, née Lebeau (49 ans), veuve de Toussaint Rivet, officiellement décédée d'une aortite. Ses restes contenaient 30 mg d'arsenic ;
le 14 mai 1940, Pierre Davaillaud (78 ans), père de Marie Besnard, officiellement mort de congestion cérébrale. Ses restes contenaient 36 mg d'arsenic ;
le 2 septembre 1940, Louise Gouin, née Labrèche (92 ans), grand-mère maternelle de Léon Besnard. La très faible quantité d'arsenic recueillie dans ses viscères exclut ce décès de la liste des victimes et ne fut pas retenu par l'accusation ;
le 19 novembre 1940, Marcellin Besnard (78 ans), beau-père de Marie Besnard. Ses restes contenaient 48 mg d'arsenic ;
le 16 janvier 1941, Marie-Louise Besnard, née Gouin (68 ans), belle-mère de Marie Besnard. Ses restes contenaient 60 mg d'arsenic ;
le 27 mars 1941, Lucie Bodin née Besnard (45 ans), belle-sœur de Léon Besnard, retrouvée pendue chez elle. Ses restes contenaient 30 mg d'arsenic ;
le 1er juillet 1945, Pauline Bodineau, née Lalleron (88 ans), cousine de Léon Besnard. Ses restes contenaient 48 mg d'arsenic ;
le 9 juillet 1945, Virginie Lalleron, sœur de Pauline (83 ans). Ses restes contenaient 20 mg d'arsenic ;
le 16 janvier, Marie-Louise Davaillaud, née Antigny (71 ans), mère de Marie Besnard. Ses restes contenaient 48 mg d'arsenic.
Deux mobiles parurent évidents au magistrat instructeur :

L'argent, Marie Besnard ayant directement ou indirectement recueilli par héritage les biens de toutes ces personnes ; Elle possède et gère néanmoins par ailleurs une fabrique de corde prospère. Ces biens sont saisis ce qui ne permet pas à l'accusée de payer sa mise en liberté sous caution. Charles Trenet propose de la payer.
La passion, Marie Besnard ayant, paraît-il, noué une relation particulièrement intime avec un ancien prisonnier allemand, Alfred Dietz, que les époux Besnard avaient conservé comme tâcheron.
Consignés en détail dans l'acte d'accusation, tous ces éléments conduisirent à l'inculpation de Marie Besnard pour empoisonnement, avec la circonstance aggravante de parricide et de matricide.


Procès à rebondissements

Preuves
Le rapport d'autopsie, établi par le docteur Béroud sur la base d'analyses menées grâce à la méthode de Marsh et Cribier, conclut à des empoisonnements aigus suivant des intoxications lentes, liés à des imprégnations exogènes d'arsenic.

D'autres analyses toxicologiques furent réalisées par les professeurs Fabre, Kohn-Abrest et Griffon en 1952 et conclurent à la même présence anormale d'arsenic dans les prélèvements effectués lors de l'exhumation des cadavres.

Un rapport du professeur Piedelièvre, établit en 1954, confirma les conclusions des analyses de 1952 mais se montra plus nuancé que celui du docteur Béroud.

Un rapport du professeur Frédéric Joliot-Curie confirma la présence anormalement élevée d'arsenic dans ces mêmes prélèvements.


Acquittement
La première raison de l'acquittement tient à l'attitude du docteur Béroud lui-même : contesté, il se défendit difficilement face aux avocats de Marie Besnard.

La défense fit valoir également que des erreurs d'étiquetage dans les bocaux contenant les prélèvements avaient été commises, certains bocaux pouvant avoir été perdus ou remplacés.

Une enquête au cimetière de Loudun permit de démontrer que le sulfatage des fleurs, le zinc des ornements funéraires pouvaient avoir saturé la terre du cimetière d'arsenic.

La longueur du procès, le dépérissement des preuves (le dernier procès ayant lieu en 1961), le retournement de l'opinion publique, lassée, conduisirent à l'acquittement par défaut de Marie Besnard.






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11 dec 1946 : L'UNICEF est créée par les Nations unies

Posté le 13.12.2007 par artsocial
Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (ou Unicef, United Nations Children's Fund en anglais) est une agence des Nations unies (ONU) consacrée à l'amélioration et à la promotion de la condition des enfants. Son nom était originellement United Nations International Children's Emergency Fund, dont elle a conservé l'acronyme. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 1965. Le revenu total pour UNICEF en 2006 a été de 2781 millions de dollars.

Qu'est-ce-que l'UNICEF


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Depuis sa création en 1946,l'UNICEF agit pour protéger la vie des enfants dans le monde entier. Depuis cette période, l'UNICEF plaide et travaille pour la protection des droits de l'enfant, afin d'aider les jeunes à satisfaire leurs besoins de base et à élargir leurs possibilités de réaliser tout leur potentiel (santé, vaccination, éducation, hygiène assainissement et approvissionnement en eau potable...).


Histoire
En 1946, les Nations unies créent l'Unicef pour fournir une aide d'urgence aux enfants menacés par la famine et la maladie après la Seconde Guerre mondiale.

En 1950, l'Assemblée générale des Nations unies élargit le mandat de l'UNICEF aux enfants et familles des pays en développement.

En 1953, l'Unicef s'intègre de façon permanente au système de l'ONU. Cela devient une garantie pour son action. Elle lance des campagnes contre les maladies qui touchent les enfants.

En 1959, l'Assemblée générale de l'ONU adopte une Déclaration des Droits de l'Enfant qui devient un point de référence central pour l'Unicef.

En 1979, durant l'Année internationale de l'Enfant, l'Unicef se sent confirmée dans son action pour tous les enfants en difficulté, qu'ils soient de pays en développement ou de pays développés.

En 1989, l'Assemblée Générale des Nations unies adopte la Convention des Droits de l'Enfant qui entre en vigueur en 1990. Elle devient le traité reposant sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme le plus largement accepté.


Implantation géographique
Ann Veneman, une femme politique américaine, est directrice exécutive de l'UNICEF depuis mai 2005

L'agence onusienne œuvrant pour l'enfance la plus défavorisée a son siège à New York, est présente dans 191 pays, et possède quelque 126 bureaux de terrain, également entendus sous le nom de bureaux nationaux ou bureaux pays, qui sont tous supervisés par l’un des 8 bureaux régionaux. L’UNICEF a en effet opéré un découpage du globe en 8 régions :

Afrique de l’Ouest et du Centre,
Afrique de l’Est et Afrique australe,
Amérique latine et Caraïbes,
Asie orientale et pacifique,
Asie du Sud,
Europe centrale et orientale et la Communauté des États indépendants,
Moyen-Orient et Afrique du Nord,
Pays industrialisés
Par ailleurs, les comités nationaux s’élèvent au nombre de 37, répartis dans chacune des différentes régions.

Outre le centre de recherche Innocenti basé à Florence (Italie), l'UNICEF dispose de trois centres d'approvisionnement, situés à Johannesburg, Dubaï et Panama, qui permettent d'assurer le bon fonctionnement de son appareil logistique. La gestion de ces centres est réalisée depuis le centre d'entreposage de Copenhague.

Le directeur général de l'Unicef en France est Emmanuel Clair depuis avril 2007. Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, le comité national Unicef France, en tant qu’association, adhère au Comité de la Charte.


Mission
L'UNICEF s'est donné 4 objectifs prioritaires :

l'éducation des filles,
la vaccination et la lutte contre le SIDA,
la protection de l'enfance,
la santé des nouveaux-nés.
Les autres priorités traitent de la place de l'enfant dans la famille, de la pratique sportive...


L'éducation des filles
Selon l'UNICEF, l'éducation est un outil qui a prouvé son efficacité sur l'amélioration des conditions de vie de tous, et donc des enfants. L'éducation des jeunes femmes a des effets spectaculaires sur les générations présentes et futures, notamment dans certains domaines d'action de l'organisation : la mortalité infantile, la place de l'enfant dans la famille, la vaccination et la protection de l'enfance.

Entre 2002 et 2005, l'UNICEF a décidé d'accélérer l'intégration scolaire des filles dans 25 pays-cible.


La vaccination
Selon l'UNICEF, la vaccination a des effets importants sur l'amélioration de la santé dans le monde lors des 20 dernières années. Cependant, chaque année, 2 millions d'enfants décèdent de maladies qui auraient pu être prévenues par des vaccins peu onéreux.

Les programmes de vaccination permettent en outre d'autres interventions telles que la distribution de compléments nutritifs, les traitements contre les maladies véhiculées par les moustiques. C'est l'addition de ces interventions qui rend particulièrement efficace, selon l'UNICEF, ces programmes.


La protection de l'enfance
Chaque jour, des enfants sont enrôlés de force comme soldats, travailleurs ou serviteurs. D'autres sont prostitués. Ces enfants, en plus de subir des violences physiques et/ou sexuelles et d'être exploités, sont les moins éduqués, en plus mauvaise santé et les plus pauvres. L'UNICEF appuie la mise en place des actions allant de la défense des enfants à la démobilisation des enfants soldats. La protection des enfants et des femmes embrasse également la question des OEV (Orphelins et enfants vulnérables) tout autant que la thématique cardinale de l'enregistrement des enfants. Sans acte de naissance, aucune pièce d'identité ne sera délivré à l'enfant, c'est alors l'accès de ce dernier à l'ensemble des services sociaux de base qui lui sera refusé.


La petite enfance
L'UNICEF travaille sur des programmes globaux, en fonction des principes suivants :

La prévention et le traitement en matière de santé, en particulier la vaccination, la nutrition, la qualité de l'eau en direction des enfants, mais aussi ceux qui en ont la charge et toutes leurs communautés ;
les naissances doivent être déclarées. Les enfants doivent être protégés des sévices, recevoir de l'amour, vivre dans un environnement psychosocial protecteur et recevoir une première éducation ;
les femmes et les filles doivent avoir une bonne nourriture, une protection pour la santé, une éducation (notamment en ce qui concerne les risques pour elles et leurs enfants), un soutien familial, et leurs droits doivent être respectés. La bonne santé et la survie des mères a des conséquences directes sur la survie et la bonne santé de leurs enfants.

Polémiques
Dans les années 1990, l'UNICEF a été accusée par des lobbies essentiellement anglo-saxons de promouvoir l'avortement. UNICEF n'a pas de position officielle sur l'avortement mais travaille avec des organisations gouvernementales ou non-gouvernementales qui, parmi leurs activités, conseille les jeunes femmes au sujet de l'interruption volontaire de grossesse particulièrement en cas de viol. Le Vatican avait supprimé sa contribution annuelle de 2000 dollars par ce que UNICEF avait diffusé une brochure d'information sur un spermicide à destination des jeunes femmes et adolescentes victimes de viol.

10 dec 1913: La Joconde est retrouvée à Florence

Posté le 13.12.2007 par artsocial
1913 : La Joconde est retrouvée à Florence ; elle avait été volée en 21 août 1911, au Louvre, vol revendiqué par l'écrivain italien Gabriele D'Annunzio

Gabriele D'Annunzio, prince de Monte Nevoso est un écrivain italien, né à Pescara le 12 mars 1863 et mort à Gardone Riviera le 1er mars 1938. Principal représentant du décadentisme italien, héros de la Première Guerre mondiale, il eut également une trajectoire politique originale qui l'amena à soutenir le fascisme.

Biographie
Son père était un riche propriétaire terrien, qui fut un temps maire de Pescara ; né Francesco Rapagnetta, il fit ajouter "D'Annunzio" à son nom. Gabriele est élève au lycée Cicognini, à Prato, en Toscane. À l'âge de seize ans, il publie son premier recueil poétique, intitulé Primo Vere (1879) ; il est influencé par les Odi barbare de Giosuè Carducci, mais aussi le poète Lorenzo Stecchetti, alors à la mode pour son ouvrage Postuma. En 1881, il entre à l'université La Sapienza, à Rome, où il entre dans différents cercles littéraires, dont Cronanca Bizantina, et écrit des articles de critique littéraire pour la presse locale.

C'est là qu'il publie Canto Nuovo (1882), Terra Vergine (1882), L'Intermezzo di Rime (1883), Il Libro delle Vergini ( 1884) et la plupart des nouvelles qui furent ensuite recueillies sous le titre San Pantaleone (1886). La critique littéraire voit très vite en lui un enfant prodige. Son premier roman, Il Piacere (Le Plaisir), paru en 1889, est suivi en 1891 par L'Innocente (traduit en français sous le titre L'Intrus, puis L'Innocent) et Giovanni Episcopo en 1892. Ces trois romans font une forte impression sur le public. L'Innocente, traduit en français par Georges Herelle, est encensé par les critiques littéraires étrangers.

Il avait épousé en 1883 Maria Hardouin di Gallese, mais ils divorcent en 1891. D'Annunzio commence trois ans plus tard une liaison tumultueuse avec l'actrice Eleonora Duse, qu'il fait jouer dans ses pièces, notamment La Città morta (La Ville morte, 1898) et Francesca da Rimini (1901) ; ils rompent en 1910. En 1897, il est élu à la Chambre des députés pour un mandat de trois ans. Il y siège parmi les indépendants. En 1910, criblé de dettes, il doit fuir en France pour échapper à ses créanciers. Là-bas, il collabore avec Claude Debussy pour Le martyre de Saint Sébastien (1911), écrit pour Ida Rubinstein.

Peu après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il retourne en Italie, et fait de nombreux discours publics en faveur de l'entrée en guerre de l'Italie dans le camp allié. D'Annunzio s'engage volontairement dans l'aviation, et perd l'usage d'un œil dans un accident de vol. En février 1918, il prend part à un raid sur le port de Bakar, pour rehausser le moral des Italiens, au plus bas après le désastre de Caporetto. Le 9 août 1918, à la tête de la 87e escadrille de chasse, il effectue un vol de plus de mille kilomètres pour larguer au-dessus de Vienne des prospectus qui disaient :

« Viennois !
Apprenez à connaître les Italiens. Nous volons au-dessus de Vienne, nous pourrions larguer des tonnes de bombes. Nous ne vous lançons qu'un salut tricolore : les trois couleurs de la liberté. Nous autres Italiens ne faisons pas la guerre aux enfants, aux vieillards et aux femmes. Nous faisons la guerre à votre gouvernement, ennemi de la liberté des nations, à votre gouvernement aveugle, obstiné et cruel, qui ne parvient à vous donner ni la paix, ni le pain, et vous nourrit de haine et d'illusions. Viennois ! Vous êtes réputés être intelligents. Mais pourquoi donc avez-vous revêtu l'uniforme prussien ? Vous le voyez, désormais tout le monde est contre vous. Vous voulez continuer la guerre ? Continuez-la, c'est votre suicide. Qu'en attendez-vous ? La victoire décisive que promettent les généraux prussiens ? Leur victoire décisive, c'est comme le pain en Ukraine : on meurt en l'attendant. »
La Première Guerre mondiale renforce ses idées nationalistes et irrédentistes, et il fait ouvertement campagne pour que l'Italie devienne une puissance européenne de premier plan. Aventurier, il s'empare notamment de la ville de Rijeka (Fiume en italien) qu'il offrit à l'État italien, chassant les troupes d'occupation alliées (Français, Américains et Britanniques). Vexé du refus de Rome, il y fonde la Régence italienne de Carnaro en 1920 avec son camarade syndicaliste révolutionnaire Alceste De Ambris. Fiume est éphémèrement reconnu au traité de Rapallo (1920), puis D'Annunzio déclare la guerre à l'Italie, avant que la ville ne doive se rendre en décembre 1920, après un bombardement de la Marine italienne.

Après l'affaire de Fiume, il se retire dans sa maison du lac de Garde et passe ses dernières années à écrire. Quoiqu'il ait eu une influence notable sur l'idéologie mussolinienne, il ne s'est jamais directement impliqué dans le gouvernement fasciste au pouvoir à partir de 1923. Il est créé prince de Monte Nevoso en 1924, et nommé président de l'Académie royale italienne en 1937. Fondamentalement antinazi et détestant Hitler, il s'opposera au rapprochement de l'Italie avec l'Allemagne nazie. Mussolini lui accorde cependant des funérailles nationales après son décès, survenu le 1er mars 1938 à la suite d'une hémorragie cérébrale, à Gardone Riviera.

9 dec 1905: séparation de l'eglise et de l'etat

Posté le 08.12.2007 par artsocial
La séparation des Églises et de l'État est un événement fondateur de la société française du XXe siècle. Même si elle s'applique aux quatre confessions principales alors représentées en France (le catholicisme, l'Église de la Confession d'Augsbourg ou protestants luthériens, les Églises réformées et le judaïsme), la loi que fait voter le député socialiste Aristide Briand le 9 décembre 1905 est avant tout l’achèvement d’un affrontement violent qui a duré presque vingt-cinq ans et qui a opposé deux visions de la France : la France catholique royaliste et la France républicaine et laïque. Elle remplace le régime du Concordat de 1801.

La loi de séparation et ses conséquences

Le contenu de la loi
Déployant une éloquence charmeuse, le rapporteur Aristide Briand apaise les esprits. La nouvelle loi met fin au Concordat napoléonien de 1801 qui régissait les rapports entre le gouvernement français et l'Église catholique. Inventant la laïcité à la française, elle proclame la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.


Article 1er : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [...] ». Le premier article crée un large consensus. Le texte ne laisse que peu de marge pour son application, par les mots « assure » et « garantit ».
Article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte [...] »
Par cette loi, l'État manifeste sa volonté de neutralité religieuse mais ne s'exonère pas de ses responsabilités.

Il veut « garantir » à chacun les moyens d'exercer librement sa religion dans le respect de celles d'autrui. C'est dans cet esprit que sont instituées des aumôneries dans les milieux fermés (casernes, lycées, prisons, hôpitaux)... et, plus tard, des émissions religieuses sur les chaînes publiques de télévision. L'État n'entend en aucune façon limiter la liberté de conscience ni cantonner la religion à la sphère privée. Sur le plan domanial et financier, la loi a trois conséquences majeures :

Les ministres des cultes (évêques, prêtres, pasteurs, rabbins...) ne sont plus rémunérés par l'État (alors qu’avant 1905 ce budget était de 40 millions de francs) et celui-ci se désintéresse totalement de leur nomination (auparavant, l’État nommait les évêques),
Les établissements publics du culte sont dissous et remplacés par des associations cultuelles ; ces dernières pourront recevoir le produit des quêtes et des collectes pour les frais du culte, mais elles ne devront en aucun cas percevoir de subventions de l’État, des départements ou des communes.
Les biens religieux propriété de l'État ou des communes depuis 1789 le restent mais l'État se réserve le droit de les confier gratuitement aux représentants des Églises en vue de l'exercice du culte. La loi de séparation prévoit ainsi un inventaire estimatif des biens mobiliers et immobiliers des fabriques et des consistoires avant de les confier aux associations cultuelles.
Si le vote de la loi contribue à apaiser les esprits, l’épisode des inventaires qu’elle inclut va se révéler être le dernier épisode douloureux qui va placer une fois de plus la France au bord de la guerre civile. En réalité, du fait de la prise en charge de l'entretien des bâtiments par l'État, le bilan financier sera finalement positif pour l'Église catholique (paradoxalement, les protestants qui ont accepté la loi seront moins favorisés !), mais ceci ne sera visible que bien plus tard. D'une part, les ministres du culte et en particulier les évêques vont gagner en indépendance, n'étant plus tenus de rendre des comptes à l'administration. D'autre part, les Églises (mais pas les protestants) ne vont plus avoir à leur charge l'entretien très coûteux des édifices religieux (cathédrales, églises...) préexistant à la loi de 1905. Quant à ceux qu'elles seront amenées à construire après la loi de 1905, ils seront leur propriété pleine et entière.

Les bibliothèques des paroisses, évéchés et séminaires reviennent également à l'État. Confiées à différentes bibliothèques publiques, elles contribuent à enrichir leurs fonds en ouvrages parfois rares ou précieux, portant surtout sur les questions religieuses mais pas seulement.


La tourmente des inventaires

Lors des débats parlementaires sur la loi de Séparation des Églises et de l’État, l’idée d’un inventaire des biens des anciens établissements du culte s’est naturellement imposée. C’est pour cela que le 29 décembre 1905, il y aura un décret d’administration publique concernant les inventaires. Les biens de ces établissements devant être ensuite remis aux nouvelles associations cultuelles. Ce fut l’objet de l’article 3 de la loi. Ces dispositions sont logiques, et leur exécution telle qu’elle est prévue est raisonnable. Seule la question d’éventuelles dettes antérieures anima un peu le débat parlementaire. Le 2 février 1906, une circulaire destinée aux fonctionnaires des Domaines contient une phrase provocatrice qui va mettre le feu aux poudres : « les agents chargés de l’inventaire demanderont l’ouverture des Tabernacles ». Inutile et d'une pertinence douteuse, cette disposition déclenchera des protestations. Les milieux politiques conservateurs ne tarderont pas à s’emparer de l’affaire et à susciter l’émotion populaire dans certaines régions. Un communiqué gouvernemental va être émis pour rassurer les catholiques : « Aucun inventaire n’aura lieu avant la discussion de l’interpellation fixée le 19 janvier ».

Tout semble dès lors devoir se passer sans incident, mais d’importantes séries de manifestations vont avoir lieu devant de nombreuses églises. La plupart des catholiques pensent que l’opération des inventaires est une profanation. Selon eux, il s’agit d’une atteinte à la propriété individuelle. En effet, si les catholiques ont dans l’ensemble accepté la loi de Séparation, ils refusent qu’on « pille » leurs églises. L’agitation des inventaires prend dans certaines régions une allure dramatique : en plusieurs endroits, gendarmerie et armée ont dû intervenir. En fait, c’est tout un peuple rural, attaché à ses églises et à ses dévotions traditionnelles qui va protester. À l’annonce de l’inventaire, les manifestants se regroupent par centaines, voire par milliers.

Les premiers incidents sanglants éclatent dans la Haute-Loire, dans le Velay, sur les confins des Cévennes. Le 27 février a lieu l’inventaire de la Chapelle de pèlerinage de Champels (commune de Monistrol-d'Allier). Quelques 150 manifestants, armés de bâtons, de fourches, et pour certains de barres de fer, se ruent sur le receveur de l’enregistrement : la « fusillade » de Champels ne fait que des blessés légers, mais elle propage l’agitation dans toute la région, une agitation dans laquelle plusieurs gendarmes sont tués. À la suite de cette affaire, le ministre de l’Intérieur Georges Clemenceau décide de renoncer aux opérations d’inventaire dans les cas où elles rencontrent une résistance violente. La situation du gouvernement semble déjà bien délicate quand parvient la nouvelle de l’incident de Boeschepe : le 6 mars, à proximité de la frontière belge, un inventaire tourne au drame et entraîne la mort d’un homme. Le préfet du département du Nord, confronté à une véritable surexcitation dans sa région, ne fut que trop heureux de suspendre les inventaires à la demande du ministre de l’Intérieur. Par la suite, un débat parlementaire est organisé entre Briand et les autres partis, dans lequel ils décident de laisser la loi comme elle est, et donc de ne pas céder, ce qui entraîne la chute du ministère.

Le nouveau ministère mis en place est nettement plus axé à gauche que le précédent, et il veut absolument résoudre au plus tôt l’affaire des Inventaires. Le 16 mars 1906, une circulaire confidentielle adressée aux préfets les invite à suspendre les opérations d’inventaire dans le cas où elles doivent se faire par la force. Clemenceau précisera que « ça ne veut pas dire que nous ayons renoncé à l’application de la loi, seulement nous l’abordons à notre manière ». L’agitation née des inventaires, localisée mais considérable, prend fin.

L’épisode des inventaires, qui comme on l’a vu ont souffert à la fois de mesquinerie de la part des républicains et de la colère du pape Pie X qui n’a rien fait pour arranger les choses, a été le dernier pic de tension entre catholiques et anti-cléricaux. Mais la division de la France a été profonde dans les campagnes mais aussi dans le paysage politique :

La gauche était divisée en deux tendances :
l’une, radicale, qui voulait éliminer totalement la religion,
l’autre, modérée et qui a finalement triomphé, qui était pour la liberté de conscience dans le cadre de la Séparation.
La droite s’était elle aussi divisée sur la question de la Séparation :
une partie l’a acceptée en tentant toutefois d’en atténuer les effets.
une autre s’est bornée à la rejeter en bloc.
On comprend alors que les cicatrices résultantes de ce douloureux divorce entre Église et État ont mis quelques années à se refermer : ce fut en quelque sorte la mission du gouvernement suivant, mené par Armand Fallières (président de la République), Georges Clemenceau (président du Conseil) et Aristide Briand (ministre de l'Instruction publique et des Cultes) La loi du 2 janvier 1907 concernant l'exercice public du culte règle la question des édifices appartenant aux évêchés et aux « fabriques » (ainsi appelait-on les associations catholiques qui géraient les biens paroissiaux).

Finalement, en 1907, plus de 30 000 édifices sont mis gratuitement à la disposition des Églises et le 28 mars 1907 une nouvelle loi autorise les croyants à se réunir sans déclaration préalable. Les sonneries de cloches sont autorisées. D'une manière générale, la jurisprudence administrative légitime les manifestations publiques qui satisfont à des traditions locales et à des habitudes (enterrements religieux, etc).

C’est à l’occasion de la Première Guerre mondiale que la question religieuse est reléguée au second plan et que l’« union sacrée » rassemble une France unie sous la bannière tricolore. Au sortir de la Guerre, le gouvernement décide tout à la fois de transférer au Panthéon de Paris le cœur de Gambetta, illustre fondateur de la République, et d'honorer le souvenir de Jeanne d'Arc en proclamant fête nationale le deuxième dimanche de mai. Les relations diplomatiques sont ainsi rétablies avec le Vatican, dont le nouveau pape Benoît XV se montre autrement plus conciliant que Pie X, notamment en promettant de consulter Paris avant la nomination des évêques. De son coté, l'État français concède aux associations diocésaines placées sous l'autorité des évêques le statut d'« associations cultuelles » ; autrement dit, il reconnaît les évêques comme des interlocuteurs légitimes. L’anticléricalisme militant décline et finit par s’éteindre.

La guerre religieuse menace de se rallumer après le succès du Cartel des gauches, une coalition de socialistes et de radicaux, aux élections législatives du 11 mai 1924. Mais les évêques mobilisent les catholiques avec le concours du général de Castelnau, héros de la Grande Guerre, et le gouvernement renonce à remettre en cause les arrangements antérieurs. L'anticléricalisme militant finit par décliner cependant que les Églises retrouvent, avec leur liberté, une nouvelle vigueur.

Bilan et perspectives
Le vote et l’application de la loi de séparation ont été les dernières étapes du mouvement de laïcisation et de sécularisation engagé en 1789. Le 9 décembre 1905 est une date capitale qui met fin au concordat napoléonien, mais aussi et surtout à l’antique union entre l’Église catholique de France et le pouvoir politique : cette loi de séparation invente la laïcité à la française.

L'Alsace et la Moselle n’étant pas françaises au moment de la promulgation de la loi, celles-ci ont encore aujourd’hui un statut spécial, sorte de dernier héritage du concordat, les évêques et les prêtres étant toujours assimilés à des fonctionnaires et l'entretien des bâtiments payés par l'État. 37 millions d'euros y auraient été consacrés en 2004.

A ce sujet, voir Concordat en Alsace-Moselle.
En 2003 la loi subit un changement en ce qui concerne le port de signes religieux ostensibles à l'école. Cette suggestion a provoqué de nombreuses critiques dans certain milieux politiques français, qui craignent un retour à une union de l'État et de la religion, réintégrant ainsi la religion dans le domaine public.

En 2004, à la veille de la célébration du centenaire de la loi fondant la laïcité républicaine, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Économie, mais sortant de son poste de ministre de l'Intérieur et des Cultes s'interroge dans un livre intitulé La République, les religions, l'espérance sur une possible modification de la loi, sans toutefois remettre en cause ses fondements.

Il propose de donner à l'État les moyens de pouvoir contrôler efficacement le financement des cultes, en particulier le culte musulman, financé actuellement en grande partie par des puissances islamistes proche et moyenne orientale. Ce contrôle permettrait, d’après lui, de libérer le culte musulman français de la tutelle extrémiste et ainsi de pouvoir limiter les dérives extrémistes et terroristes au sein des mosquées françaises. Ce contrôle impliquerait comme effet secondaire des facilités accordées par l'État en matière de formation des agents des cultes, en mettant par exemple à disposition des enseignants pour les matières non religieuses pour la formation des prêtres, pasteurs ou imams.





8 dec 1944:premières compagnies républicaines de sécurité

Posté le 08.12.2007 par artsocial
1944 : Création des premières compagnies républicaines de sécurité (CRS).



Les Compagnies républicaines de sécurité, également connues sous le sigle CRS, sont un corps de la police nationale en France, intervenant dans les manifestations, mais aussi dans la protection civile. Il existe 61 compagnies. La CRS n° 01 est exclusivement attachée à des services de protection de personnalités à l'occasion de voyages officiels.

En principe, le sigle « CRS » désigne une compagnie, mais dans la langue courante, par métonymie, un CRS est un policier membre d'une telle compagnie.

Historique
Les CRS, crées en 1944 et réorganisées en 1948, forment un corps d'élite rompu aux techniques anti-émeutes. Leur recrutement initial mêlait des éléments engagés précédemment dans les Groupes mobiles de réserve (GMR) créés par le Régime de Vichy et des éléments issus des Forces françaises de l'intérieur (FFI) engagés dans la résistance. Alors que les sympathisants communistes étaient à l'origine très présents dans ses rangs (ce qui s'explique par leur engagement dans la Résistance, et selon certains par une volonté d'entrisme), une épuration a limité leur nombre après que le parti communiste se fut placé dans l'opposition aux gouvernements d'après-guerre.

En effectuant la surveillance et le blocage des manifestations, il accomplit la tâche du corps des gens d'armes (devenus aujourd'hui gendarmes), créé au Moyen Âge, à l'origine pour mater les révoltes des pieds bleus (teinturiers).

Leurs missions de maintien et de rétablissement de l'ordre, faisant souvent usage de la force, les expose aux critiques récurrentes des manifestants. Un célèbre slogan de Mai 68 était « CRS = SS ». Plus plaisamment, leur sigle a pu être détourné dans le cadre de rétro-acronymies (se référer à l'article pour quelques exemples).

Les CRS sont aussi chargés de la surveillance routière (notamment grâce aux motocyclistes), de la surveillance des plages et des secours en montagne.

À noter qu'il y a dorénavant des femmes dans les CRS au sein des CRS autoroutières. La seule femme actuellement en service en compagnie de maintien de l'ordre se trouve à la CRS n° 20 de Limoges. Du grade de Lieutenant de Police, elle est en place depuis 2004.

Au sein de la gendarmerie nationale, les gendarmes mobiles ont des activités de maintien de l'ordre semblables à celles des CRS.

Il existe un musée des CRS, situé sur le site de Vélizy-Villacoublay (78).


Direction centrale
La direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (DCCRS) est composé d'un échelon central et de directions zonales. Philippe Laureau a succédé à Christian Lambert à la tête des CRS le 1er août 2007.


Composition d'une compagnie républicaine de Sécurité
Compagnie à 4 sections :

1 commandant
1 capitaine
2 lieutenants
1 à 4 brigadiers majors
12 à 25 brigadiers chefs
100 à 120 gardiens de la paix
Il existe quelques compagnies à 6 sections.

Ils vivent en cantonnement.


Textes législatifs
Décret du 8 décembre 1944 portant création des Compagnies républicaines de sécurité
Article 1er : Il est créé dans l'ensemble du territoire des forces mobiles de police appelées Compagnies républicaines de sécurité. Ces forces sont groupées dans chaque région sous l'autorité d'un commandant régional placé sous les ordres du secrétaire général pour la police de la région.
Article 2 : Il est créé vingt commandements régionaux répartis comme suit : un pour l'ensemble des départements de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne, un pour la Moselle, un pour chacun des dix huit commissariats régionaux. Le ministre de l'Intérieur fixera par arrêté l'effectif des commandements régionaux.
Article 4 : Les conditions de stationnement et d'emploi des Compagnies républicaines de sécurité feront l'objet d'un arrêté du ministre de l'Intérieur.
Article 5 : Le ministre de l'Intérieur est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.



7 dec 1933 : André Malraux, écrivain français, reçoit le prix Goncourt.

Posté le 07.12.2007 par artsocial
Il reçut le Goncourt pour "la condition humaine"

André Malraux (Paris 18e, rue Damrémont le 3 novembre 1901 - Créteil, le 23 novembre 1976), de son vrai nom Georges André Malraux, fut un écrivain, un aventurier et un homme politique français

En 1905, les parents de Malraux se séparent, créant un choc dans sa vie. Il passe ainsi son enfance avec sa mère, sa grand-mère et une tante épicière à Bondy dont il ne gardera pas de bons souvenirs (Antimémoires, 1967). À 14 ans, il entre à l'école supérieure de la rue Turbigo (le futur lycée Turgot), période durant laquelle il fréquente déjà assidûment les bouquinistes, les salles de cinéma, de théâtre, d'expositions, de concerts, etc. Ainsi commence sa passion pour la littérature contemporaine.

En 1918, il n'est pas admis au lycée Condorcet et abandonne ses études secondaires, il n'obtiendra jamais son baccalauréat ce qui ne l'éloignera pas de la littérature, bien au contraire. Il fréquente les milieux artistiques de la capitale et publie ses premières œuvres en 1920 ; essai de théorie littéraire, comptes rendus critiques et premières proses. Les œuvres de cette époque appartiennent au genre farfelu (c'est Malraux qui ressuscite le terme), proses poétiques influencées par l'expressionnisme allemand et la poésie d'Apollinaire ou de Max Jacob. Le personnage de Clappique, dans La Condition humaine, est directement issu de cette première manière malrucienne. C'est aussi l'époque où il joue au Père Ubu et lit Alfred Jarry. Il s'en souviendra après 1948, en adhérant au Collège de Pataphysique.

En 1921 il se marie avec Clara Goldschmidt ; il dirige alors une collection aux éditions du Sagittaire. Après de nombreux voyages à travers l'Europe, il part avec Clara en Indochine pour y voler des statues et les revendre. Cette aventure lui inspirera La Voie Royale. Il est arrêté, puis, après un arrangement diplomatique, il peut retourner à Paris. Impressionné par la vie coloniale, il repart pour l'Indochine et y fonde un journal d'idées anticolonialistes : L'Indochine enchaînée.

Le 23 décembre 1923, Malraux est arrêté à Phnom Penh ainsi que son ami, Louis Chevasson. De mauvais placements boursiers ont dilapidé la fortune de son épouse Clara et André a pris la décision de découper un bas-relief du temple de Banteay Srei à Angkor pour le vendre à un collectionneur. Il est condamné, en juillet 1924, à trois ans de prison ferme et son ami Louis à un an et demi. Clara est acquittée. Elle repart pour Paris et mobilise en faveur de son mari les intellectuels de l'époque comme Marcel Arland, Louis Aragon, André Breton, François Mauriac, André Gide et Max Jacob. En appel, la peine de Malraux est réduite à un an avec sursis et il rentre en France en novembre 1924.

En 1930, il publie La Voie royale, un roman d’aventures largement inspiré par ces évènements.

Dès 1933, il milite contre le fascisme et le nazisme, puis rejoint les républicains espagnols à partir de 1936. Il monte de toutes pièces l'escadrille España avec une vingtaine de Potez et en prend le commandement comme coronel (colonel), jusqu'en 1937. Après s'être inspiré de son combat pour écrire le roman L'Espoir, publié en décembre 1937, il tourne le film Espoir, sierra de Teruel en 1938, puis s'engage en 1939, à la déclaration de guerre.

Évadé d'un camp de prisonniers, avec l'aide de son demi-frère Roland, il adopte une attitude attentiste avant d'entrer tardivement en résistance, en mars 1944, après l'arrestation en Dordogne de ses deux frères. Il dit alors être le chef de la région militaire FFI de la région qui s'étend du Limousin au Lot-et-Garonne, un rôle joué indiscutablement à cette époque par un autre. Il organise bien des réunions avec quelques chefs locaux, mais ceux-ci ne le reconnaissent jamais comme leur chef. Le colonel Berger, comme il se fait appeler, apparaît ainsi extrêmement seul lorsqu'il est arrêté par les Allemands à Gramat, avec un officier anglais du SOE (Special Operations Executive). Il est transféré de prison en prison jusqu'à Toulouse pour des interrogatoires au terme desquels il est l'objet d'un simulacre d'exécution. Il se retrouve libre quand les Allemands quittent la ville. Il commande ensuite la brigade « Alsace-Lorraine » pendant la libération du sol français .

Dès 1945, il s’attache à la personne du Général de Gaulle, dans le gouvernement duquel il est ministre de la propagande et ministre de l'Information, le suit dans l'aventure du RPF, où il s'occupe de la propagande entre 1947 et 1954, et sera sous la Ve République ministre de la Culture de 1959 à 1969.

Ministre, il mêle politique de prestige et œuvre sociale. Sans être un gaulliste de gauche déclaré, il ne renie nullement son passé de gauche : son discours contre François Mitterrand en décembre 1965 le prouve merveilleusement (« vous n’étiez même pas en Espagne »). Renouant avec l'esprit du Front populaire, il fait de la culture une affaire administrée par l’État. Raymond Aron rapporte cependant dans ses Mémoires que Malraux avait changé de façon stupéfiante en 1944 sur la question du communisme auquel il voue désormais une hostilité, presque une haine. S'il n'est pas l’initiateur des Maisons des jeunes et de la culture (issues de "la République des Jeunes", créée à la Libération), il est bien, en revanche, le créateur des "Maisons de la Culture", grandes machines gérées par le ministère du même nom.

Tout ce mouvement culturel se réalise au bénéfice des arts (arts vivants, musées, cinéma, musique…) qui ont le plus d’effets sur les masses, d'autres aspects de l'action culturelle comme la littérature se développant parallèlement à la culture de masse. Mais la culture de Malraux en matière d’art et sa fraternité à l’égard de plusieurs artistes de premier plan (Matisse, Braque, Picasso, Giacometti) distinguent plus particulièrement encore l'œuvre du ministre : commandes du plafond de l’Odéon à André Masson, du plafond de l’Opéra de Paris à Marc Chagall, envoi de la Joconde de Vinci aux États-Unis, restauration du château de Versailles, ou encore campagne de ravalement des grands monuments de Paris… Malraux n’a de cesse de faire rayonner la culture française dans le monde. On lui doit notamment le systéme "d'avance sur recettes", mis en place par un décret de Juin 1959, qui reste de nos jours un moteur important de la création cinématographique en France.

Cette administration étatique de l’art, cette volonté de produire du culturel en y mettant les moyens budgétaires, a été jugé, par l'historien Marc Fumaroli, comme le grand enterrement nihiliste de la culture française. Selon lui, si l’on compare l’extraordinaire abondance de talents lors de la IIIe République avec l'ère malrucienne et actuelle, on s’aperçoit que l’après-guerre est pour la France un désert artistique, qu’on s’efforce de dissimuler à coup d’évènements culturels. La IIIe République n’avait pourtant pas de politique culturelle. Toutefois, la thèse de Marc Fumaroli est fortement contestée par certains historiens de la politique culturelle (Philippe Poirrier et Philippe Urfalino), qui soulignent plutôt la modestie de la politique culturelle de la période Malraux, tout en pointant ses singularités : rôle initiateur de l'État, volonté de démocratiser la culture consacrée, élargissement de l'État-providence aux questions culturelles. Le Ministère des Affaires culturelles, créé pour conserver Malraux au gouvernement, sera pérennisé après son départ en 1969.

Par fidélité au général de Gaulle, il quitte alors le pouvoir en même temps que lui. A aucun moment, il n'aura manqué à cette fidélité, même pendant les évènements de Mai 68, qualifiés par lui de simple "répétition générale", mais aussi de "véritable crise de civilisation". Ainsi l'a t-on vu en tête de la manifestation de ceux qui réclamaient la restauration de l’ordre à l’Arc de Triomphe le 30 mai. Cet ordre, Malraux n’a cessé de l’identifier à la personne et à l'œuvre du général de Gaulle. Il sera d'ailleurs une des rares personnes que ce dernier consentira à recevoir jusqu’à sa mort en 1970.

Renouant avec les engagements de sa jeunesse, il prendra parti pour l'indépendance du Bangladesh dès 1971, et témoignera ainsi, en octobre 1973, en faveur de Jean Kay à son procès intenté pour le détournement du Vol 711.

Marié à la veuve de son demi-frère Roland Malraux en 1948, il s'en sépare en 1966. André Malraux a aussi vécu auprès de Louise de Vilmorin jusqu'à la mort de celle-ci, et ensuite auprès de la nièce de celle-ci, Sophie de Vilmorin, qui s'est occupé de l'écrivain jusqu'à sa mort le 23 novembre 1976, d'une congestion pulmonaire à l'hôpital Henri-Mondor (Créteil).

Au cours d'une vie marquée par des épreuves personnelles (il a perdu pendant la Guerre sa deuxième épouse, Josette Clotis, dans des conditions dramatiques, puis les deux fils qu’elle lui avait donnés ; il a été la cible d'un attentat de l'OAS le 7 février 1962, à son domicile de Boulogne-Billancourt, qui a défiguré la petite Delphine Renard, 4 ans), il aura rencontré les grandes personnalités du monde politique (Mao Zedong, John F. Kennedy et Jawaharlal Nehru par exemple) et poursuivi un dialogue constant avec les grands artistes : Pablo Picasso, Marc Chagall, Georges Braque, Maurice de Vlaminck, André Derain, Fernand Léger, Jean Cocteau, André Gide, Max Jacob, Pierre Reverdy.

Homme des libertés, Malraux ne s’est jamais cru lié par un dogme et, à travers ses mutations, il est resté fidèle à son besoin de dépassement, à cet héroïsme dur qui exclut tout recours aux utopies consolatrices. Agnostique, il a mis dans l’art, et notamment dans l'idée d'un musée imaginaire qui arracherait les œuvres d’art à leurs fonctions traditionnelles pour les repenser dans leurs relations et leurs métamorphoses, la seule grandeur à la portée de l’homme et ses seules chances d’éternité. C’est pourquoi fraternité et humanisme sont au cœur de sa vie et de son œuvre :

« L’humanisme, ce n’est pas dire : « Ce que j’ai fait, aucun animal ne l’aurait fait », c’est dire : « Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (Les Voix du silence, 1951).

Dans le cadre de la célébration du 20e anniversaire de sa mort, et à l'instigation de Pierre Messmer, les cendres de Malraux ont été transférées au Panthéon en 1996.

Citations:

« Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu'ait connu l'humanité, va être d'y réintégrer les dieux. »
Une très belle et célèbre citation de Malraux, au sujet de la Seconde Guerre mondiale, du nazisme et des camps d'extermination, est la suivante: " Le camp parfait eût été le camp d'extermination des enfants. Faute de mise au point, on les tuait avec leurs parents. Il y a quelque chose d'énigmatique et de terrifiant dans la volonté de déshumaniser l'humain, comme dans les pieuvres, comme dans les monstres. L'idéal des bourreaux était que les victimes se pendent par horreur d'elles-mêmes. […]… pour la première fois, l'homme a donné des leçons à l'enfer" (Oraisons funèbres). Parvis de la cathédrale de Chartres, 10 mai 1975. (Repris dans Le Miroir des limbes).
« Il y a des guerres justes. Il n’y a pas d’armée juste. » (L'Espoir)
« Tout aventurier est né d’un mythomane. » (La Voie royale)
« Il faut soixante ans pour faire un homme, et après il n’est bon qu’à mourir. » (La Condition humaine)
« À la maîtrise, l’enfant substitue le miracle. » (Les Voix du silence)
« Le fou copie l’artiste, et l’artiste ressemble au fou. » (L'Espoir)
« La tragédie de la mort est en ceci qu’elle transforme la vie en destin. » (L'Espoir)
« On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans. » (L'Espoir) (Hernandez à Garcia).
« La pire souffrance est dans la solitude qui l’accompagne. » (La Condition humaine)
« Le pouvoir doit se définir […] par la possibilité d’en abuser. » (La Voie royale)
« Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. » (Les Conquérants)
« L'esclave dit toujours oui. » (Discours d'André Malraux du 2 septembre 1973 à l'occasion de l'inauguration du Monument de la Résistance)
« Ceux qui ne connaissent pas leur passé sont destinés à le revivre » (référence ?)
« La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert » (Hommage à la Grèce, discours du 28 mai 1959 à Athènes)
Citations d'André Malraux inscrites sur la statue à l'effigie de Félix Eboué à Cayenne:

Etranger, va dire à Lacémone que ceux qui sont morts ici sont tombés sous sa loi. Passant, va dire aux Enfants de notre Pays : De ce qui fut le visage désespéré de la France, les yeux de l'homme qui repose ici, n'ont jamais reflété que les traits du courage et de la liberté.

1929 : Les femmes obtiennent le droit de vote en Turquie.

Posté le 07.12.2007 par artsocial
Le 6 décembre 1929 : Les femmes obtiennent le droit de vote en Turquie.


Le droit de vote est un des droits civiques de base dans une démocratie. Il permet aux citoyens d'un État d'exprimer leur volonté, par le biais d'un scrutin, et ainsi d'élire leurs représentants et leurs gouvernants ou de répondre à la question posée par un plébiscite ou un référendum.

Les trois premiers pays à accorder le droit de vote aux femmes sont :

la Nouvelle-Zélande en 1893 mais elles ne peuvent être candidates qu'en 1919
l'Australie en 1902 (sauf la Tasmanie en 1903)
la Finlande en 1906, suffrage universel dans toute la Finlande et aussi l'éligibilité égale des femmes et des hommes.
Mais il faut noter qu'ils sont précédés par :

les Îles Pitcairn en 1838
l'Île de Man en 1866
par le Territoire du Wyoming (États-Unis) en 1869 [1]
et par certains États américains :

Colorado en 1893
Utah et Idaho en 1896
Washington en 1910
Californie en 1911
Kansas, Oregon et Arizona en 1912
Suivent en (liste non exhaustive après 1940) :

1913 : Norvège
1915 : Danemark et Islande (dès 1908, les femmes de plus de 25 ans payant des impôts peuvent voter).
1918 : Canada (au niveau fédéral, les provinces ayant déjà accordé le droit de vote au niveau provincial entre 1916 et 1922 mais seulement en 1940 au Québec) et Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande (à partir de l'âge de 30 ans jusqu'à ce que, en 1928, le statut dans le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord soit aligné sur celui des hommes, soit l'âge de 21 ans).
1918 : Union soviétique, Tchécoslovaquie, Pologne et Géorgie
1919 : États-Unis (XIXe amendement proposé le 4 juin et ratifié le 18 août 1920), Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Belgique (pour les élections municipales)
1920 : Albanie, Autriche et Hongrie
1921 : Suède
1922 : État libre d'Irlande, dès 21 ans, comme les hommes Acte Constitutionnel de l'État Libre d'Irlande (les femmes de 28 ans avaient le droit de vote depuis 1918 : voir Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande).
1924 : Mongolie
1929 : Équateur
1930 : Afrique du Sud, Turquie (femmes électrices), Grèce (élections municipales)
1931 : Espagne, Brésil, Sri Lanka
1932 : Thaïlande, Maldives, Uruguay
1934 : Cuba, Turquie (femmes éligibles)
1935 : Birmanie, Philippines (sur l'avis d'un référendum réservé aux femmes qui récolte 95% de oui)
1939 : Salvador
1942 : République dominicaine
1944 : France (voir ci-dessous)
1945 : Italie
1946 : Japon et Albanie
1947 : Argentine, Bulgarie, Venezuela et Yougoslavie
1948 : Belgique (en 1920, il n'est accordé que pour les élections communales) et Roumanie
1948 : Israël (Il est accordé aux femmes dès la déclaration d'indépendance prononcée par David Ben Gourion)
1949 : Chili
1952 : Grèce, Bolivie, Inde et Liban
1953 : Mexique
1954 : Colombie, Pakistan et Syrie
1955 : Pérou, Côte d'Ivoire, Viêt Nam et Égypte
1957 : Tunisie
1961 : Paraguay et Brésil
1962 : Monaco
1963 : Afghanistan, Iran et Kenya
1971 : Suisse (voir suffrage féminin en Suisse)
1974 : Portugal (dès 1931, il est accordé aux femmes diplômées de l'enseignement supérieur alors que pour les hommes il est uniquement demandé de savoir lire et écrire)
1984 : Liechtenstein
1986 : Djibouti et République centrafricaine
1990 : Samoa
1993 : Moldavie
1999 : Qatar
2005 : Koweït
2006 : Émirats arabes unis
Aujourd'hui encore, de nombreux pays n'ont pas accordé ce droit à leurs habitantes, parmi eux l'Arabie saoudite. D'autres posent des restrictions,où le vote est obligatoire pour les hommes mais pas pour les femmes, en outre elles doivent donner la preuve d'un niveau d'éducation suffisant, ce que les hommes n'ont pas à faire.


En France
Sous l'Ancien Régime, les femmes chefs de famille votaient lors de l'élection des députés aux États généraux depuis 1484 (États généraux convoqués par Anne de Beaujeu, fille de Louis XI, pendant la minorité de Charles VIII).
Les femmes sont exclues de la vie politique en 1869.
En 1849, Jeanne Deroin tente en vain de se présenter aux élections législatives.
1871 : l'éphémère Commune de Paris en 1871 reconnait les droits politiques des femmes
Hubertine Auclair fonde en 1876 le premier groupe suffragiste français : "le droit des femmes"
1903 : le 9 décembre, un vote unanime du Parlement rejette l'égalité politique
1914 : organisation d'un "vote blanc", sondage auprès des femmes sur leur désir de voter. Plus de 500 000 réponses favorables.
1919 : la Chambre des Députés se prononce en faveur de droits politiques pour les femmes, mais le Sénat bloque la mesure.
1920 : proposition de loi de Jules Guesde pour l'égalité civile et politique. Le Sénat la rejette en 1922.
1925 : tour de France suffragiste de Marthe Bray. La ville de Bobigny élit Marthe Tesson adjointe au maire le 18 mai, mais une loi de janvier 1926 enlève aux femmes toute responsabilité au sein des conseils municipaux
1934 : campagne de Louise Weiss pour le droit de vote des femmes
1936 : la Chambre des Députés se prononce de nouveau pour l'égalité politique entre les sexes, mais la loi ne peut aboutir. Le Front Populaire nomme trois femmes sous-secrétaires d'État : Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie et Cécile Brunschvicg.
Le droit de vote est accordé aux femmes en France le 21 avril 1944 par le Gouvernement provisoire de la République française, confirmé par l'ordonnance du 5 octobre, mais il ne sera utilisé que le 29 avril 1945 pour les élections municipales, puis en octobre pour les élections à l'Assemblée constituante. En Algérie (alors constituée de départements français), les femmes devront attendre 1956.
1947 : Germaine Poinso-Chapuis (MRP) devient la première femme nommée ministre de plein exercice (Ministre de la santé publique et de la famille).
1989 : Catherine Trautmann -(PS) devient la première femme maire d'une ville de plus de 100 000 habitants, Strasbourg.
1991 : Edith Cresson (PS) devient la première femme nommée premier ministre.
1999, la constitution intègre le principe de parité, qui permet une loi sur l'égal accès aux fonctions politiques l'année suivante. La loi du 6 juin 2000 sur la parité prévoit une parité totale pour les scrutins de liste (par tranche de six pour les élections municipales) et des sanctions financières aux élections législatives si le nombre de candidats d'un sexe dépasse de 2 % celui de l'autre. Ces pénalités sur la dotation publique aux partis équivalent, en pourcentage, à la moitié de l'écart constaté.
2002 : Lors des élections législatives, l'UMP fut l'organisation la moins paritaire (19,7 % de femmes), ce qui lui a valu une diminution de 30,4 % de sa dotation, soit 4,264 millions d'euros en 2004.

Pour l'UDF, ses 19,9 % de candidates lui ont valu une pénalité de 30 % soit 667 075 euros. Le PS et le PRG (dont l'association de financement est commune) avaient 34,6 % de candidates et ont donc perdu 1,651 million (15,4 %). Avec 43,8 % de candidates, le PCF n'a vu ses crédits amputés lui que de 124 139 euros, soit 6,4 %.

En 2005, la France figurait au 85e rang des pays pour la représentation des femmes au parlement (21e sur 25 en Europe). Depuis les dernières élections législatives de 2007, la France figure au 58e rang mondial et au 15e rang en Europe pour la représentation des femmes au parlement.
Selon Marie-Jo Zimmermann, députée (UMP) de Moselle et présidente de la délégation de l'Assemblée aux droits des femmes, "L'UMP et l'UDF préfèrent payer des indemnités que changer leurs habitudes". Elle souhaite introduire dans un premier temps des contraintes de parité dans les structures intercommunales. (Voir le rapport d'information de l'Assemblée nationale fait par Marie-Jo Zimmermann, janvier 2007 [2].)

2007 : Suite aux élections législatives, la représentation des femmes à l'Assemblée nationale s'améliore quelque peu et atteint un nombre sans précédent : 107 femmes ont été élues ou réélues, soit 18,54 % du nombre total de députés (contre 12,3 % en 2002), dont 46 élues de droite (45 pour l'UMP, 1 pour le MPF) et 61 élues de gauche (dont 49 PS, 4 PC, 5 PRG, 1 Verte, 2 DVG).

5 dec 1893 : Apparition de la première voiture électrique

Posté le 07.12.2007 par artsocial
1893 : Apparition de la première voiture électrique, ses batteries lui donnent 24 kilomètres d'autonomie.

Une voiture électrique est une automobile mue par un ou plusieurs moteurs électriques.

La source d'électricité pour les moteurs était à l'origine une batterie d'accumulateurs. Demain, les piles à combustibles auront peut-être tendance à les remplacer. L'expérimentation a montré que la production d'électricité peut aussi être assurée par des panneaux solaires.



Historique

À la fin du XIXe siècle, trois modes de propulsion se partageaient le marché naissant de la voiture automobile :

le moteur à explosion ou « moteur à essence »
le moteur électrique
le moteur à vapeur
La voiture électrique connaît un succès certain dans la dernière décennie du XIXe siècle, tant en Europe, et notamment en France[1], qu'aux États-Unis[2]. Il s'agit pour l'essentiel de flottes de taxis pour le service urbain, en lieu et place des fiacres et autres voitures de louages à cheval. Ces voitures étaient munies de batteries au plomb pesant plusieurs centaines de kilogrammes ; elles étaient rechargées la nuit dans des stations spécialisées. Cependant, dès lors que le marché principal de l'automobile est devenu la voiture privée, qu'on veut pouvoir utiliser sur de grandes distances, les contraintes d'entretien et de recharge ont fortement pénalisé la voiture électrique par rapport à la voiture à essence. Les tentatives des producteurs d'électricité américains pour relancer ce marché (qui permettait de rentabiliser les centrales aux heures creuses de la nuit) dans les années précédent la première guerre mondiale ont tourné court et la voiture électrique s'est progressivement effacée du paysage automobile.

Notons toutefois que la première voiture ayant atteint les 100 kilomètres à l'heure est une voiture électrique, la Jamais Contente de l'ingénieur belge Camille Jenatzy, qui atteint 105,88 km/h le 1er mai 1899 ou, selon d'autres sources, le 29 avril 1899.

L'idée d'une voiture automobile à propulsion purement électrique réapparaît à la fin du XXe siècle du fait de l'augmentation des prix du carburant, de la perspective de pénurie de pétrole et de la montée des préoccupations concernant la pollution atmosphérique.


Distribution
L'auto électrique demande une refonte importante du système de distribution d'énergie pour devenir une alternative viable aux véhicules à combustion.

Dans le cas des accumulateurs, des prises électriques extérieures aux maisons peuvent permettre le rechargement mais le temps nécessaire est important. Une solution possible à ce problème de temps de recharge, est l'utilisation de batteries conçues pour être facilement interchangeables, comme c'est aujourd'hui le cas pour les appareils électroniques ou dans l'industrie (avec le changement rapide d'outil). Avec une batterie standardisé (comme aujourd'hui avec les piles), le changement de batterie pourrait se faire rapidement (au moins autant qu'un plein de carburant). Selon la viabilité, ce système pourrait peut-être disponible en station-service ou seulement pour les flottes importantes, comme pour une compagnie de taxi, ayant leur propre point de service.
Dans le cas des piles à combustibles, il faut repenser tout le système de distribution de carburant pour inclure l'hydrogène à la station service.
Dans le cas de panneaux solaires, le véhicule serait auto-suffisant par temps ensoleillé mais il est plus probable qu'il soit nécessaire de recourir à un système secondaire comme des accumulateurs pour une disponibilité permanente.
Jusqu'à présent, très peu de démarches ont été faites dans ce domaine.


Écologie
La voiture électrique est fréquemment présentée comme une solution efficace pour lutter contre la pollution, l'effet de serre et la raréfaction des réserves de pétrole dus aux moteurs à explosion. Cependant, bien que le moteur de la voiture électrique est propre au sens où, contrairement au moteur à explosion, il ne produit pas de gaz à effet de serre, la production de l'électricité consommée par le moteur ne l'est pas forcément. Il existe différentes projections quant aux moyens de mise à disposition de l'électricité du moteur. Mais aussi bien la solution des piles à combustibles que celles des accumulateurs, pourraient se révéler polluante.

Il existe deux façons de fabriquer l'hydrogène utilisé comme des piles à combustibles. La première se fait par réaction chimique à partir de pétrole. Cette réaction produit des gaz à effet de serre, et donc ne résoud ni le problème de la raréfaction du pétrole ni celui de la pollution. La deuxième se fait par électrolyse de l'eau, ce procédé non polluant (les seuls produits de réactions sont de l'hydrogène et de l'oxygène) mais consomme beaucoup d'électricité.

On se rend donc compte que le défi sociétal de la voiture propre consiste à mettre en place une stratégie de production électrique écologique viable.


Production électrique et pollution
Il s'agit ici de faire un bilan critique des différents moyens de production électrique et de leurs impacts sur l'écologie, afin de pouvoir conclure sur le caractère écologique de la voiture électrique. L'exemple de la Californie est intéressant, les efforts gouvernementaux en faveur de l'écologie y rendent l'automobile électrique séduisante, mais la Californie fait déjà face à de sérieux problème quant à son alimentation électrique domestique. Se pose donc les questions suivantes : comment peut-on répondre au nouveau besoin d'énergie électrique ? Combien de centrale électrique ? Quelles solution pour produire cette électricité proprement ?

Les centrales thermiques ne sont pas une bonne solution puisqu'elle consomme des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) et produisent du gaz à effet de serre. Par contre le rendement énergétique serait meilleures (utilisation de moins de carburant) si on le comparer à la consommation d'énergie fossile (pétrole) des voitures thermiques actuelles, l'impact écologique (gaz à effets de serres et gaspillage des ressources) serait donc moindre.
Les centrales nucléaires, bien que résolvant le problème du gaspillage des ressources et du réchauffement climatique, rendraient le véhicule électrique co-responsable des nuisances générés par l'industrie atomique
Les centrales hydroélectriques sont aussi une solution d'un point de vue de la production de gaz à effet de serre et l'épuisement des ressources fossiles, ont de nombreux inconvénients environnementaux (inondations de régions, déplacement de population, relâchement de mercure dans l'eau par décomposition de la végétation, etc.)
Les centrales solaires photovoltaïques posent un problème lors de le construction qui a un certain coût énergétique non négligeable. De plus, la productions des cellules photovoltaïques génèrent une certaine pollution.
Les éoliennes sont écologiquement intéressantes, mais elles soulèvent de nombreuses questions quant à leurs impacts visuelles et sonores sur l'environnement. De plus elles ne sont pas nécessairement disponible en quantité suffisante .

Fin de vie et recyclage
Finalement en fin de vie, la dépollution et le recyclage, pour les deux systèmes (pile à combustible et accumulateurs), n'est écologiquement neutre. Les composantes fonctionnelles doivent être recyclés qui comporte un coût autant en énergie qu'en recyclage de matières potentiellement polluantes. Ceci est plus important en particulier dans le cas des accumulateurs: plomb, nickel et autres métaux lourds.




4 dec 1986 : Manifestation la loi Devaquet

Posté le 04.12.2007 par artsocial
1986 : Manifestation étudiante à Paris contre le projet de loi Devaquet sur la réforme universitaire

En novembre et décembre 1986, un mouvement étudiant et lycéen secoue la France. Les mécontents dénoncent un projet de loi, dit « projet Devaquet » qui prévoit notamment de sélectionner les étudiants et de mettre en concurrence les Universités.

Le projet Devaquet

Un travail en amont
En mars 1986, la droite retrouve le pouvoir après cinq ans de gouvernement de gauche. Le premier ministre, Jacques Chirac s’appuie pour gouverner sur un Parlement dominé par le RPR, son parti et l’UDF. Mais il doit composer avec le président de la République en place, le socialiste François Mitterrand. C’est la première cohabitation.

Le gouvernement est bien décidé à revenir sur un certain nombre de décisions de la gauche et à libéraliser le système. L’enseignement supérieur ne fait pas exception. Le programme électoral de la plate-forme « UDF-RPR Pour gouverner ensemble » prévoyait d’abroger la loi Savary sur l’organisation des universités, et plus spécifiquement de donner davantage d’autonomie aux établissements d’enseignement supérieur.

Pour donner du corps à cet objectif, un groupe de travail nommé Géruf (probablement l’acronyme de Groupe d’Etude et de Réflexion sur l’Université Française) fait des propositions sur l’avenir de l’université. Le Géruf est une initiative de l’UNI; il regroupe diverses personnalités de la droite universitaire : des militants de l'UNI mais aussi des personnalités politiques comme Raymond Barre ou Michèle Alliot-Marie. Dès le printemps 1986, ces travaux aboutissent à une proposition de loi déposée par le député Jean Foyer et contre signée entre outre, par Raymond Barre, Pierre Messmer et Jean-Claude Gaudin. Mais la proposition est jugée trop radicale par le gouvernement. Jacques Chirac demande donc à son ministre délégué chargé de la recherche et de l’enseignement supérieur, Alain Devaquet, d'élaborer un nouveau projet.


Le projet Devaquet
Alain Devaquet est un universitaire qui se passionne pour la recherche. Il a peu d’intérêt pour l’enseignement et l’organisation de l’Université. Dans un livre publié en 1988, « L’amibe et l’étudiant : université et recherche, l’état d’urgence » [1], il va jusqu'à affirmer qu’il aurait préféré n’avoir en charge que la recherche et qu’il n'a accepté l’enseignement supérieur que parce qu’on a insisté.

C’est pourtant lui, en liaison avec le ministre de l’Education nationale René Monory, qui est chargé de remplacer la loi Savary par un nouveau texte. Pour se faire, le Premier ministre a fixé la ligne à suivre dans son discours de politique générale : « Dans l'enseignement supérieur, le principe d'autonomie doit être définitivement concrétisé tant à l'entrée - au moment de la sélection des étudiants - qu'à la sortie - au moment de la délivrance des diplômes. L'autonomie doit aller de pair avec un allègement des structures universitaires[…] Cette rénovation de l'Université suppose l'engagement sans réticences de tous les enseignants et chercheurs de l'enseignement supérieur ; elle passe par une abrogation rapide de la loi sur l'enseignement supérieur de 1984 [dite loi Savary] » [2]. Le conflit avec les étudiants est déjà en germe dans cette déclaration. En effet, le Premier ministre, prône plus d’autonomie pour les universités y compris dans la « sélection ». Par la suite, la sélection va devenir le principal point d’achoppement avec les syndicats. En outre, parmi les trois acteurs de l’Université, enseignants-chercheurs, personnels non enseignant ou IATOS (Ingénieurs, Administratifs, Techniciens et Ouvriers de Service) et étudiants, le Premier ministre ne s’adresse qu’a la première catégorie : « les enseignants et chercheurs de l'enseignement supérieur ». Les étudiants sont dès lors tenus à l’écart de la réforme, il ne leur reste donc que la contestation pour influencer le texte ministériel.

Le 11 juillet, la proposition de loi d’Alain Devaquet est adoptée en Conseil des ministres. Elle est alors transmise au Parlement qui doit l’étudier à l’automne. Cette proposition prévoit logiquement de donner une large autonomie aux universités. D’abord, du point de vue financier : les universités auraient la possibilité de fixer librement leurs frais d’inscription, à l’intérieur d’une fourchette nationale. Deuxièmement, concernant les étudiants, la loi laisserait des possibilités de sélection afin, selon M. Devaquet, d’adapter les flux d’étudiants aux besoins du marché du travail, aux capacités d’accueil des établissements et aux capacités des postulants. Mais il s’empresse d’ajouter que tous les bacheliers devraient être admis quelque part. Troisièmement, les universités seraient libre de choisir leur méthode pour former leurs étudiants ainsi que les diplômes qu'elles veulent délivrer. Toutefois, le ministre assure qu’il maintiendra une accréditation minimale des diplômes par ses services. En outre, cette loi prévoit de renforcer le pouvoir des enseignants-chercheurs dans les organes dirigeant l’université : un seuil de 40 % minimum de cette catégorie de personnel est fixé.

Ce projet est celui du ministre, qui en accepte « totalement la responsabilité ». Il affirme avoir évité un projet plus libéral, voulu par les « ultras » [3] de la majorité notamment le député Jean Foyer et le conseiller du Premier ministre pour l’éducation et la recherche, le recteur Yves Durand. Il reconnaît toutefois leur avoir fait des concessions, comme sur l’article 31 portant sur la sélection. Mais le ministre pense disposer d’une marge de manœuvre lors de la publication des décrets d’application. Il promet donc aux syndicats étudiants inquiets la libre entrée à l’Université, malgré cet article 31.


L’analyse des syndicats étudiants
Les syndicats étudiants relèvent immédiatement plusieurs dangers dans cette loi. Tout d’abord ils réaffirment leur attachement au cadre national de l’enseignement supérieur. Les frais d’inscription doivent être fixés nationalement et doivent rester modérés. Ils craignent que cette réforme n’entraîne de fortes hausses du coût d’entrée (maximum de la fourchette) dans certaines universités élitistes. En outre, le cadre national leur paraît indispensable, lorsqu’il s’agit des diplômes. Ils demandent donc la stricte application de ce principe afin qu’une qualification délivrée par une petite université de province ait la même valeur que son équivalent frappé du sceau d’une université prestigieuse.

Plus que tout, ils dénoncent la sélection en premier cycle. Pour eux, le gouvernement veut fermer la porte à un certaine catégorie d’étudiant réputée moins intéressante, à cause de leurs résultats scolaires, à cause de leurs lycées d’origine ou en raison de problèmes de comportement passés. Les assurances de M. Devaquet sur le fait que personne ne sera oublié, ne les rassurent qu’à moitié. Ils craignent que les bacheliers en difficultés d’intégration universitaire soient obligés de choisir entre deux mauvaises solutions : la sortie du système éducatif avec le seul baccalauréat autrement dit, le chômage assuré ou du moins un emploi peu intéressant ou une voie de garage guère plus prometteuse du point de vue professionnel.

De manière générale, ils craignent que cette loi aboutisse à une université à deux vitesses. D’un côté, une poignée d’universités prestigieuses, délivrant des diplômes bien côtés sur le marché du travail et difficiles d’accès. Et ce, tant à cause d’une sélection rigoureuse qu’en raison de frais d’inscription élevés. D’un autre côté, le gros des universités, le plus souvent petites et/ou provinciales, obligé d’accepter massivement des bacheliers de niveau plus faible donc, baisse de leur niveau général, par manque de mixité et, perte des meilleurs pédagogues (renforçant le premier défaut). Conséquence logique de ce cercle vicieux, les diplômes délivrés par ces universités seront dévalorisés aux yeux des employeurs. Seule issue pour elles, redorer leur image par des investissements massifs et donc trouver de l’argent. Les universités ainsi mises en concurrence, risquent d'être aussi menacées par des « facs privées » que la droite semble vouloir favoriser.

En dernier lieu, même si cela est peu apparu dans le mouvement, les syndicats étudiants craignent un renforcement du pouvoir des « mandarins », autrement dit des enseignants-chercheurs carriéristes peu intéressés par la problématique étudiante. En effet la loi fixe un seuil de 40 % d’enseignants dans les conseils mais en autorise plus. Les étudiants redoutent donc une revanche des « mandarins » qui avait dû partager leur pouvoir en application de la loi Savary (là où elle s’appliquait déjà !).


Le mouvement étudiant et lycéen

Réaction des syndicats étudiants

L’UNEF-ID
L’UNEF-ID est en plein bouleversement : la plupart de ses cadres viennent de quitter le PCI à la suite de Jean-Christophe Cambadélis. Ce contexte particulier ne les empêche pas de se préoccuper du projet Devaquet, mais l’ambiance est morose : comment mobiliser les étudiants en plein été, pendant les vacances universitaires puisque la loi a été validée par le Conseil des ministres au mois de juillet. Aussi le syndicat décide, au moins dans un premier temps, de se lancer dans un travail de lobbying, avec l'objectif d'obtenir de la part des députés des amendements modifiant le texte en profondeur.

Fin août, la tendance majoritaire de l’UNEF-ID se réunit en université d’été à La Plagne. Ils commencent à constater l’inefficacité de leurs efforts. Isabelle Martin, une proche du président Philippe Darriulat, appelle même à la grève générale. Mais la proposition semble alors difficile à mettre en place. La direction du syndicat décide donc de renforcer l’agitation autour du projet. Le Bureau national multiplie les communiqués notamment lorsque, à partir d’octobre, le texte arrive devant le Sénat. En parallèle, il fait monter la pression dans les facultés en faisant circuler un appel/pétition et en lançant une grève d’avertissement. Pour ce faire, l’UNEF-ID base son argumentation sur quatre points expliquant les dangers de la loi Devaquet :

Sélection à l’entrée de l’université et entre les cycles,
Hausse des droits d’inscription,
Fin des diplômes nationaux,
Développement des inégalités et concurrence entre les universités.
La grève générale viendra un peu plus tard, largement à l’initiative de l’UNEF-ID, mais il est intéressant de voir d’abord la réaction des autres organisations étudiantes.


Les autres organisations étudiantes
L’UNI, la droite universitaire, est naturellement favorable à un projet qu’elle a largement contribué à faire émerger. De son côté le Collectif des Etudiants Libéraux de France, le CELF, proche de l’UDF, est plus réservé mais il ne désire pas faire quelque chose qui puisse gêner le gouvernement. Il se contente donc de contacter les députés et sénateurs UDF afin obtenir des modifications, de toute manière mineures.

L’UNEF-SE, de sensibilité communiste, est naturellement opposée à cette loi. Mais elle est empêtrée dans un problème financier, la faillite de sa coopérative d’achat (la CAEL). D’autre part, elle fait l’analyse que « la société française glisse à droite ». En conséquence, elle désire définir une base minimum sur laquelle s’appuyer dans sa lutte contre la droitisation du pays. Elle consacre donc sa campagne de rentrée à la défense du régime spécifique de sécurité sociale étudiante. De par ce choix, elle entrera dans le mouvement avec un temps de retard ce qui la marginalisera par la suite.

Il existe bien sûr d’autres organisations de gauche et d’extrême-gauche, notamment le groupe PSA (Pour un syndicalisme autogestionnaire), proche de la CFDT. Mais aucune de ces organisations n'a les reins assez solide pour se lancer seule dans une telle bataille. Localement, ils ont pu jouer un rôle important, voire même moteur, mais nationalement, ils en sont réduits à suivre le mouvement en essayant de l’influencer.


Le début du mouvement
A Dijon, les étudiants commencent à bouger sous l’impulsion de l’UNEF-ID local. Immédiatement, la présidente d’AGE Sylvie Scherer demande à son syndicat d’étendre le mouvement. Mais la direction nationale préfère rester prudente. Le milieu ne lui semble pas prêt, pas encore prêt, pour une grève. Mais peu de temps plus tard, début novembre, l’université de Villetaneuse (Paris XIII) qui se met en grève, encore une fois sous l’impulsion de l’UNEF-ID. Rapidement, Isabelle Thomas, militante de cette AGE et membre du Bureau national du syndicat, se fait remarquer par la presse. Sa facilité de s’exprimer, son implication précoce dans le mouvement, vont faire d’elle l’une des icônes médiatiques de ce mouvement. Mais revenons début novembre. L’agitation gagne encore du terrain. L’université de Caen rejoint le mouvement. La direction de l’UNEF-ID estime alors qu’il faut tenter quelque chose.

Le 22 novembre 1986, des étudiants venus de toutes la France, souvent liés à l’UNEF-ID mais, pas exclusivement, se retrouvent à la Sorbonne. Philippe Darriulat le président de l’UNEF-ID transforme ce qui devait être les états généraux de l’UNEF-ID en états généraux du mouvement. Dans l’enthousiasme général, et sous les yeux d’une presse nombreuse, les étudiants réunis ce jour la à Paris proclament un mot d’ordre de grève générale. Le lendemain, à l’initiative de la FEN une manifestation est prévue « pour l’avenir de la jeunesse et contre la politique scolaire et universitaire du gouvernement ». C’est tout naturellement que les états généraux s’y joignent. La manifestation est un succès. Elle réunit au moins 200 000 personnes dont beaucoup d’étudiants. Elle marque le début du mouvement de 1986.


Un mouvement de masse
Après ce premier succès, les militants retournent dans leurs universités, inquiets, mais décidés à se mobiliser. Rapidement, le mouvement s’étend. Il faut dire que le travail de sensibilisation entamé depuis la rentrée par les syndicats étudiants et, la bonne couverture médiatique des événements du week-end du 22 et 23 novembre 1986, ont contribué à préparer le terrain. Dès lors, les manifestations à Paris et en province succèdent aux manifestations. La grève s’étend de proche en proche. D’abord issue de facultés sociologiquement plus promptes à se mobiliser, parce que à forte tradition syndicale ou parce que à forte représentation d’étudiants d’origines modestes donc, se sentant plus menacés par la mise en concurrence des universités et la sélection. Elle s’étend à d’autres facultés traditionnellement plus calmes, comme les UFR de Droit. Mais, fait marquant du mouvement, il quitte le cadre strictement universitaire pour s’étendre aux lycées.

Les lycéens sont en effet directement concernés, puisque la sélection doit commencer dès l’entrée à l’Université. En l’absence d’organisations propres suffisamment fortes, ce sont les syndicats ou les étudiants qui partent les sensibiliser. Une autre association joue un rôle important dans cette mobilisation : SOS Racisme. Loin de se limiter à l’anti-racisme, l’association dénonce toutes les discriminations. Pour elle, la loi Devaquet, va isoler un peu plus les jeunes issus de milieux sociaux défavorisés, que ce soit en raison de leur pauvreté, de leur implantation dans une banlieue réputé difficile ou de leur origine étrangère, ou les trois en même temps ! SOS Racisme se lance donc dans la bataille et, à chaque cortège, les petites mains jaunes de l’association fleurissent. Et ce, notamment après la mort de Malik Oussekine. Les contacts pris à ce moment là entre des lycéens et des étudiants présent à la fois à l’UNEF-ID et à SOS Racisme, vont permettre l’année suivante de créer un vrai syndicat lycéen : la Fédération indépendante et démocratique lycéenne autrement dit la FIDL.

Le jeudi 27 novembre est une nouvelle journée de mobilisation. C’est aussi l’occasion d’une nouvelle démonstration de force. Le pavé parisien est à nouveau battu par plus de 200 000 étudiants et lycéens. En province, on compte jusqu'à 400 000 manifestants (chiffres du Monde). Le gouvernement ne peut plus ignorer la réalité de la mobilisation. Le lendemain, Jacques Chirac décide de renvoyer le texte en cours de discutions à l’Assemblée nationale, et déjà voté par le Sénat devant la commission des affaires culturelles. Loin de calmer le mouvement, celui-ci se renforce. Le 4 décembre, ce sont 200 000 personnes selon la police, un million selon les organisateurs, qui manifestent à Paris. La manifestation, se passe dans le calme et la bonne humeur. Mais la elle dégénère après que les étudiants réunis esplanade des Invalides aient appris l'échec de la rencontre entre la coordination et les ministres. Des étudiants provocateurs s’en prennent aux forces de l’ordre qui réagissent immédiatement. Les CRS répliquent violemment par l’effusion de gaz lacrymogène et des tirs tendus. Le gros des manifestants se disperse, empêchant les prises de parole et les concerts prévus (Renaud, Bernard Lavilliers...). Ceux qui ne partent pas, ou qui n’en n’ont pas le temps, font face à la police qui multiplie les charges. Bilan plusieurs dizaines de blessés de part et d'autre, dont deux manifestant grièvement atteint. Le 5 décembre, ébranlé par la grande manifestation de la veille, le ministre de l’Éducation nationale René Monory, intervient à la télévision. Il annonce qu’il prend le dossier en main et déclare vouloir retirer plusieurs articles contestés.


Organisation du mouvement
Rapidement, le mouvement dépasse le strict cadre de l’UNEF-ID. D’autres syndicats et des étudiants non syndiqués viennent gonfler les rangs de protestataires. Il faut donc gérer les grèves, tant localement que nationalement. Localement, chaque assemblée générale, s’organise à sa manière. Nationalement, une coordination est mise en place. Elle regroupe des représentants des universités et lycées grévistes. Mais, elle est aussi le lieu où s’affrontent les différents courants du mouvement. Parmi ceux-ci, on retrouve l'UNEF-ID, mais en ordre dispersé, chaque tendance, la majorité et les différentes minorités, tentant d’influencer de débat avec l’appui d’alliés externe au syndicat étudiant. On retrouve aussi les autres syndicats impliqués : UNEF-SE, PSA mais aussi des organisations politiques de jeunesse telle que les JCR, LO et des associations comme SOS Racisme. La coordination parvient tout de même à s'organiser et se dote de structures visant à construire et faire connaître le mouvement. Parmi les responsables, un porte-parole, David Assouline, émerge. Il devient l’une des figures de ce mouvement, avec Isabelle Thomas qui a échoué à se faire élire porte-parole (elle appartient à une minorité de l'UNEF-ID, la Sensibilité Villetaneuse).

Rapidement, le gouvernement, ignorant l’importance de la mobilisation (ou faignant de la faire), dénonce un mouvement politique. Pour lui, la gauche battue aux législative, cherche à se revancher. Les organisations motrices de la grève et de son extension, sont vues à travers le prisme déformant de leur proximité avec certains partis politique. Alain Devaquet écris dans son livre « L’Amibe et l’étudiant », page 257 [1], que les représentant étudiants qu’il a rencontré étaient des « "adversaires politique irréductibles" ». Le rôle de la LCR est particulièrement mis en avant. Cela tient d’abord à la personnalité de David Assouline militant trotskiste mais, aussi au fait qu’à l’UNEF-ID de Dijon et de Caen, deux des universités initiatrices du mouvement, on trouve des cadres proche de la Ligue communiste révolutionnaire. Plus largement la droite s’en prend à l’UNEF-ID dans son ensemble, réputée proche du Parti socialiste. Mais aussi à SOS Racisme, association importante notamment chez les lycéens, et à l’UNEF-ID de Villetaneuse. Là encore, elle dénonce l’influence du Parti socialiste. Dans le « Figaro Magazine » Louis Pauwels, va jusqu'à écrie que les jeunes mobilisés et donc manipulés, souffrent de « "sida mental" ».

Face à ses accusations, les étudiants grévistes se proclament apolitiques. Ils mettent en avant la coordination, union trop large pour être accusé d’être sous influence et demandent aux syndicats de ne pas s’afficher de manière trop voyante. A l’UNEF-ID, le président Philippe Darriulat fait le dos rond. Il accepte de mettre le drapeau de son organisation de coté, tout en gardant sa liberté de parole, et celle de ses militants, dans les médias. Le syndicat se fait donc plus discret dans les manifestations mais continu son travail sur le terrain et dans la presse.


Un mouvement marqué par des violences et la mort de Malik Oussekine
Dans la nuit du 5 au 6 décembre, une nouvelle manifestation tourne mal. Après la dispersion, les voltigeurs motocyclistes font des rondes pour rechercher des « casseurs ». Deux d’entre eux, tombent sur un étudiant de l’école supérieure des professions immobilières (ESPI), Malik Oussekine de passage dans le quartier et, semble-t-il, étranger au mouvement. Malgré tout, les policiers le prennent en chasse. Il est violemment passé à tabac dans un hall d’immeuble. Il est transporté inconscient à l’hôpital où il décède autant suite à ses blessures, qu’à cause d’une déficience rénale inconnue des médecins qui s’occupaient de lui. Le 6, Alain Devaquet, désavoué par son ministre de tutelle et choqué par la violence policière, démissionne. Le même jour, une manifestation silencieuse est organisée en mémoire de Malik Oussekine. Elle regroupe 400 000 personnes à Paris, un million dans toute la France. La force de cette mobilisation s’explique bien entendu par le choc créé par la mort d’un étudiant. Il exprime aussi un « ras le bol » de la violence policière qui a caractérisé le mouvement. Il faut dire que le ministre de l’intérieur, Charles Pasqua et son secrétaire d’état Robert Pandraud ont donné des consignes de fermeté aux forces de l’ordre. Ils ont tenté de profiter des affrontements en marge des manifestations (notamment après la dispersion officielle), pour assimiler les manifestants à des délinquants et effrayer les parents. Robert Pandraud, va jusqu'à dire le lendemain de la mort de Malik Oussekine : « Si j'avais un fils sous dialyse, je l'empêcherais d'aller faire le con dans les manifestations ». Cette déclaration fracassante, a choqué jusque dans son camp.

Mais la violence est aussi le fait de l’extrême droite. Le 26 novembre, le Groupe union défense (GUD) n’hésite pas à envoyer des militants attaquer une assemblée générale de grévistes à Jussieu. La trentaine de militants d’extrême droite se retire rapidement, mais marque les esprits. Le 27, nouvelle attaque des agitateurs nationalistes d'Assas. Cette fois-ci lors du passage d’une manifestation. Mais l’opération est plus sérieuse. Les militants sont armés de barres de fer et protégés par des casques de moto. Après quelques affrontements en marge de la manifestation, la bagarre se déplace rue Barra. Elle oppose le GUD à une poignée d’étudiants souvent liés à l’ultra gauche et bien décidés à en découdre. On se charge à tour de rôle, on se lance des cocktails Molotov, on casse des voitures, bref une bagarre de rue d’une grande violence. La police, contrairement à ses habitudes en cet automne 1986, tarde à intervenir. Il faut plus d’une heure avant qu’elle se décide à séparer les adversaires. Ces affrontements marquent le paroxysme de la violence d’extrême droite qui décline rapidement par la suite.


Le retrait du projet Devaquet et la fin du mouvement
Suite aux manifestations du début du mois de décembre, suite à la mort de Malik Oussekine, suite aussi aux tentatives d’unir le mouvement étudiant et lycéen au mouvement social (voir notamment du coté des cheminots), le Premier ministre, Jacques Chirac annonce le 8 décembre le retrait du projet de loi. Il fait savoir en outre, qu’il accepte la démission d’Alain Devaquet. De son coté, René Monory annonce l’abandon des réformes sur les lycées.


Le mouvement et la politique française
Du point de vue politique, ce mouvement a été l’occasion pour le Président le la République, François Mitterrand de reprendre la main. Le 3 décembre, en pleine mobilisation, et alors que le gouvernement se veut ferme, le président conseille à son Premier ministre de retirer le projet Devaquet. Le 9, le lendemain dudit retrait, François Mitterrand invité par Europe 1 se déclare « sur la même longueur d’onde qu’eux [les étudiants grévistes] » et il ajoute être agréablement étonné par leur « maturité ». Il va même jusqu'à recevoir une délégation de grévistes, le 1er janvier. Plus généralement, ce mouvement est l’occasion d’un divorce entre une partie de la jeunesse et la droite. Il a donc, en partie, contribué à la réélection de François Mitterrand en 1988.


Portée du mouvement
A la suite du mouvement, les syndicats étudiants et les indépendants qui ont fait l'expérience de la victoire dans l'unité vont décider d'organiser des Etats généraux. Ces derniers doivent permettre de maintenir l'unité du mouvement étudiant et d'avancer ensemble des propositions concrètes pour réformer l'enseignement supérieur en France. Les Etats généraux de l'enseignement supérieur se tiendront finalement en mars 1987 à Saint-Denis.

Ce mouvement est l’une des plus grandes réussites du mouvement étudiant en France, après celui de mai 1968, tant par son ampleur que par sa victoire finale. Par la suite, il va marquer plusieurs générations de militants étudiants qui y trouvent des raisons de tenter une mobilisation. Il va aussi profondément marquer les esprits du côté des gouvernements successifs qui y voient la force de la jeunesse française lorsqu’elle se mobilise. En outre, le pouvoir comme les syndicats, vont garder le souvenir de la mort de Malik Oussekine. Son souvenir est encore régulièrement ravivé par les syndicats étudiants. De son côté, la police va désormais faire preuve de plus de retenue dans la répression des débordements, souvent constatés en marge des manifestations, notamment lorsqu’elles sont étudiantes et lycéennes. Ce mouvement marque aussi l’implication de ces derniers dans les mouvements de jeunesse.

3 dec 1967 : Première greffe d'un cœur humain

Posté le 03.12.2007 par artsocial
1967 : Première greffe d'un cœur humain, par le chirurgien Christiaan Barnard, en Afrique du Sud.



Historique

Barnard, d'origine modeste, fils d'un pasteur de l'Église Réformée néerlandaise, est né et à grandi à Beaufort West, en Afrique du Sud. Alors qu'il n'était encore qu'un très jeune enfant, un de ses frères mourut des suites d'une pathologie cardiaque. Cet événement affecta profondément la famille Barnard et influença le choix de carrière du jeune Christiaan. Il étudia à la Faculté de Médecine de l'Université du Cap et fit son internat puis son résidanat au Groote Schuur Hospital du Cap. Il commença ensuite une carrière de médecin généraliste à Ceres, une petite ville de la province de Western Cape. C'est pendant son exercice là-bas qu'il épousa en 1948 une infirmière, Aletta Louw. En 1951, il retourna travailler dans deux hôpitaux du Cap pour obtenir sa maîtrise en 1953 de l'Université du Cap. Il obtint plus tard le titre de Docteur en médecine de la même université après une thèse intitulée "Le traitement de la méningite tuberculeuse". À partir de 1956, il étudia la chirurgie à l'Université du Minnesota. C'est en participant à des opérations de chirurgie cardio-thoracique à Minneapolis qu'il décida d'en faire sa spécialité.

Il fut nommé chirugien cardiothoracique au Groote Schuur Hospital en 1958, créant ainsi le premier service cardiologique de l'hôpital. Après le succès de la première greffe de rein en 1954, il se lança dans l'expérimentation sur modèles animaux de la transplantation cardiaque. Barnard effectua la première greffe de rein en Afrique du Sud en 1959. Il devint alors professeur à l'Université du Cap et en 1961 il devint responsable du département de chirugie cardiothoracique de l'université.


Transplantation cardiaque
La première transplantation cardiaque eut lieu le 3 décembre 1967 pour une opération d'une durée totale de neuf heures et demi, nécessitant une équipe d'une trentaine de personnes. Le patient âgé de 55 ans, Louis Washkansky, souffrait de diabète et d'insuffisance cardiaque. Le greffon provenait d'une jeune femme, Denise Darvall, décédée lors d'un accident de la route. Washkansky survécut à l'opération et vécut encore 18 jours avant de succomber à une pneumonie massive bilatérale induite par le traitement immuno-suppresseur.

Il existe une controverse autour de cette opération. Ainsi certains considérèrent Barnard comme un opportuniste qui a injustement volé la gloire et les honneurs à Norman E. Shumway, chirurgien cardiaque à Stanford. Sans les recherches effectuées par ce dernier, la transplantation n'aurait pas été possible. Barnard effectua son opération historique peu après avoir observé les travaux de recherches de Schumway à Stanford.

Barnard, homme photogénique, prit rapidement goût à l'attention que lui portèrent les médias dans les suites de l'opération, ce qui contribua à en faire un personnage mondialement connu. Il continua à effectuer des greffes de cœur : le 2 janvier 1968 il opéra Philip Blaiberg qui survécut 19 mois. Dorothy Fisher, transplantée en 1969 survécut 24 ans et devint la greffée la plus âgée de l'histoire.

En 1969, Barnard divorça pour épouser la jeune et glamour Barbara Zoellner.

Barnard fut aussi un pionnier dans de nouvelles techniques à risques avec par exemple, les doubles transplantations (1974), les valves mécaniques et l'utilisation de greffons cardiaques animaux pour les traitements en urgence (1971). Il effectua 10 transplantations orthotopiques (1967 – 1973), et avec son équipe 48 transplantations hétérotopiques (1975 – 1983). L'introduction de la ciclosporine comme traitement immunosuppresseur entraina une reprise dans les greffes orthotopiques.


Retraite
Barnard divorça de nouveau en 1982, et prit sa retraite en 1983 : les mains enraidies par la polyarthrite rhumatoïde, il n'était plus capable d'opérer.

Il porta alors son intérêt sur la recherche contre le vieillissement et sa réputation fut entachée en 1986 alors qu'il faisait la promotion du Glycel, un produit très vite retiré du marché par la Food and Drug Administration américaine.

Il se maria une troisième fois en 1988 à la jeune Karin Setzkorn, pour redivorcer encore une fois en 2000. Il mourut le 2 septembre 2001 alors qu'il était en vacances à Paphos à Chypre après une crise d'asthme atypique. Il avait cinq enfants.

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