Créer un blog Présentation

Nom du blog :
artsocial
Description du blog :
Ce qui est important, ce n'est pas de finir une oeuvre, mais d'entrevoir qu'elle permette un jour de commencer quelque chose.
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
13.08.2007
Dernière mise à jour :
25.01.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· à la mobilisation (16)
· accords, tablature guitare (4)
· humour (9)
· LE MEILLEUR DU MEILLEUR (1)
· mes films vus ou à voir (animation) (12)
· mes toiles( à refaire sans flash) (2)
· nouveau film (11)
· Souviens toi et tu seras (75)
· un president parfois c'est gland (30)

Navigation

Accueil
Livre d'or artsocial
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· 12 octobre1810 :Première fête de la bière à Munich
· 25 octobre: enquête sur le commerce équitable
· Star’Ac 7 : Dojima éliminé
· Angelina Jolie menacée de perdre Zahara
· Michael Jackson garde Neverland
· 5 dec 1893 : Apparition de la première voiture électrique
· 3 dec 1967 : Première greffe d'un cœur humain
· 21 janv 1919 : Éamon de Valera proclame l'indépendance de l'irlande
· il y 52 ans:dissolution du parti nazi en allemagne
· HALTE AUX MOQUERIES

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

LEGITIMITE DE LA SOUVERAINETE DE JAH
18.07.2008
X X X X X X
10.07.2008
star
16.06.2008
Angelsounds: Ecouter bb in utero
02.06.2008
Angelsounds: Ecouter bb in utero
02.06.2008
oui c'est de l'art...
24.03.2008
bonjour...
18.02.2008
pouvez-vous m\'aider ?
04.01.2008
pouvez-vous m'aider ?
04.01.2008
coooooooollllllllll
14.12.2007
MODE A PRIX FOU
16.11.2007
RSS

Blogs à découvrir :

· ecoville
· lailasamburu
· verrithe
· simonedebeauvoire
· theangelsarewithyoucata
· socrazy
· enfantsillages
· confidenceduneasociale
· redaction
· rienvaplus



14 nov 1982 : Lech Wałęsa, libéré après onze mois

Posté le 14.11.2007 par artsocial
1982 : Lech Wałęsa, libéré après onze mois d'internement, regagne son appartement de Gdańsk.

Lech Wałęsa (né à Popowo en Poméranie le 29 septembre 1943) était un électricien, avant de devenir la figure emblématique d'une Pologne libérée et un homme politique grâce à Solidarność, dont il a été le président.



Création de Solidarność
Sa carrière politique a débuté par son activité de dirigeant du syndicat Solidarność (Solidarité), premier syndicat autonome dans la zone d'influence soviétique. Il est co-fondateur de ce syndicat avec Anna Walentynowicz. Ce syndicat est né du licenciement d'Anna Walentynowicz des chantiers navals de Gdańsk ; sous son impulsion et celle de Wałęsa, ce syndicat a rapidement fédéré les ouvriers, dénonçant sans trêves la dictature. De nombreuses grèves ont alors éclaté en 1980, en particulier à Gdańsk.

Des intellectuels comme Bronislaw Geremek l'ont rejoint dès son origine et lui ont permis d'avoir une ambition et une carrure nationale. Ce mouvement se revendique pacifique, est basé sur la non-violence, symbole fort des années Lech Wałęsa. Proche de l'Eglise Catholique, Walesa s'efforcera de limiter le mouvement social en Pologne: "L'Eglise nous conseille d'être toujours modérés, d'être conscients, de trouver un compromis... C'est nous qui modérons les gens. C'est grâce à nous qu'on ne tire pas sur le pouvoir, sil le pouvoir n'a pas encore été rejeté... Sans nous il y aurait déja la révolte populaire. Et c'est d'ailleurs un pouvoir conscient des dimensions de la crise économique qui a permis peut-être la création de Solidarność en sachant que nous jouerions un rôle d'amortisseur raisonnable qui protégera même le pouvoir et le Parti contre la colère populaire" (Walesa lors d'une réunion de Solidarnosc).

Lech Wałęsa ainsi que les membres à l'origine de Solidarność, ont été arrêtés à plusieurs reprises par les autorités du Parti ouvrier unifié polonais pendant l'état de guerre au début des années 1980. Sa famille a également été inquiétée. Wałęsa aurait sous cette pression, brièvement pactisé avec la police secrète, tentant de convaincre les ouvriers d'arrêter la grève (L'ouverture récente d'archives, a permis de confirmer l'existence de négociations de Solidarność avec la police secrète). Mais le dynamisme qu'il avait lancé l'emporta, et Wałęsa du se rallier à l'avis des autres membres dirigeants de Solidarność, emportés par Anna Walentynowicz. Avec ses compagnons de lutte, il a mené d'âpres négociations avec le pouvoir dirigé par le général Wojciech Jaruzelski, qui ont abouti à une réforme de la constitution.


Wałęsa Président

Il a été élu président de la République lors des élections libres de 1990, qui ont vu la fin de l'époque communiste en Pologne. Fervent catholique, il a été en cela particulièrement défendu par son compatriote, le pape Jean-Paul II. Il a perdu l'élection présidentielle en 1995 face à Aleksander Kwaśniewski (ex-communiste). De nombreux électeurs polonais lui reprochaient en effet son trop grand conservatisme moral et l'importante place de l'église catholique dans la vie politique. En 2000, il s'est présenté à nouveau mais n'a recueilli que moins d'1% des voix : dans un état démocratique, face à de nombreux candidats rompus aux stratégies politiques et de plus, habiles orateurs, ses seuls talents de syndicaliste ouvrier de Gdansk ne suffisaient plus.

Lech Kaczynski et son frère jumeau avaient été ses collaborateurs lors de son accession à la tête de l'État en 1990. Il s'est ensuite brouillé avec eux.


Retraite politique

Suite à sa défaite aux élections de 2000, il a annoncé son retrait du monde de la politique. Il jouit encore à l'heure actuelle d'un grand prestige dans son pays natal. Très nombreux sont ceux qui le considèrent, aux côtés de Jean-Paul II, comme le libérateur de la Pologne du joug communiste. Son rôle a aussi été déterminant dans la chute du « Rideau de fer ». En 2005, lors du concert de Jean Michel Jarre, Lech Wałęsa est apparu et a fait un discours qui a touché les Polonais et surtout les ouvriers de Gdańsk.

En août 2006, suite aux révélations sur l'enrôlement dans la Waffen-SS du Prix Nobel de littérature Günter Grass, il a demandé à l'écrivain allemand de rendre le titre de citoyen d'honneur de la ville de Gdansk

Je ne me sens pas bien dans cette compagnie" (de Grass). "Je ne sais si on ne pourrait pas envisager de lui retirer le titre. Si l'on avait su qu'il était dans la SS, il n'aurait pas reçu cette distinction. Le mieux serait qu'il y renonce de lui-même - Lech Walesa. Toutefois, après avoir rencontré et discuté avec cet écrivain, Walesa est revenu sur sa demande.
Il a cessé d'être membre du syndicat Solidarność à compter du 1er janvier 2006 mais continue à représenter officiellement ou officieusement la Pologne et l'UE lors de cérémonies (mort de Elstine) ou d'évènements politiques (crise ukrainienne).




--

14 novembre 1963 : Naissance de l'île de Surtsey

Posté le 14.11.2007 par artsocial
1963 : Naissance de l'île de Surtsey, née d'une violente éruption volcanique dans l'océan Atlantique


Surtsey est une île volcanique sur la côte sud de l'Islande.

A 63°18′ de latitude Nord et 20° 36' de longitude Ouest, elle se situe à l'extrémité sud de l'Islande, à une vingtaine de kilomètres des îles Vestmann. Son nom vient de Surtur, le Vulcain de la mythologie nordique. Elle s'est formée à la suite d'une éruption volcanique qui a commencé 130 mètres sous le niveau de la mer et a atteint la surface le 14 novembre 1963. L'éruption a dû commencer quelques jours plus tôt et s'est terminée le 5 juin 1967. C'est à ce moment que l'île a atteint sa superficie maximale (2,7 km2) avec un sommet culminant à 173 mètres. Depuis, en raison de l'érosion due au vent et aux vagues, l'île a diminué de taille pour ne plus atteindre que 1,4 km2 en 2005.

Le nom de Surtsey est inspiré du géant du feu Surtur, de la mythologie nordique. Dès son apparition, l'île fut étudiée par de nombreux volcanologues et, depuis la fin de l'éruption, elle est l'objet de l'intérêt des botanistes et des biologistes car la vie a colonisé l'île peu à peu.

Les volcans sous-marins à l'origine de Surtsey appartiennent au système volcanique souterrain des Îles Vestmann, (Vestmannaeyjar), elles-mêmes faisant partie du grand rift Atlantique. Les îles Westmann sont également à l'origine de la fameuse éruption de Eldfell sur l'île de Heimaey en 1973.

Signes précurseurs de l'éruption :

Le 14 novembre 1963 à 07:15, le cuisinier du Isleifur II, un TRAWLER croisant au large de l'archipel des Îles Westmann, au sud de l'Islande, remarqua une colonne de fumée sombre en direction du sud-ouest. Le navire s'approcha peu à peu de celle-ci car elle aurait pu signaler un bateau en feu. Au lieu de cela, ils se trouvèrent confrontés à de nombreuses explosions éruptives générant des colonnes de cendre, signes d'une éruption sous-marine.

Bien que l'éruption en soi ait été imprévue, certaines indications // TBD //

Les scientifiques estiment que sauf nouvelle éruption l'île aura disparu dans 500 ans au plus tard. Il ne restera plus que des pitons de palagonite, issus de la transformation du basalte en roche dure par des bactéries et l'eau de mer. Aujourd'hui, l'île présente des falaises abruptes au sud, face au large et des plages de sable noir au nord.


Avant même la fin de la période éruptive, le gouvernement islandais décida que l'île deviendrait un laboratoire grandeur nature d'observation réservé aux scientifiques. Un organisme, la Surtsey Research Society a été créé dès 1965 avec le soutien de fonds étrangers afin d'étudier le volcanisme et la géologie mais surtout l'installation progressive de la faune et de la flore.

Les cheminées sous marines qui ont donné naissance à Surtsey font partie de Vestmannaeyjar, système volcanique sous marin qui fait partie de la faille qui court au centre de l'Atlantique. Vestmannaeyjar a aussi produit la célèbre éruption d'Eldfell sur l'île d'Heimaey en 1973.

un président qui fait splatsch!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Posté le 13.11.2007 par artsocial
On savait à quoi servait un président de la République, on nous l'apprennait à l'école.
On savait aussi, jusqu'à récement, à quoi servait un premier ministre.
Mais dans un gouvernement dans lequel l'omniprésence du président couvre l'action de tous ses subordonnés; qui paye la facture en cas d'échec politique cuisant ?
Quand la rue fit reculer Villepin sur le CPE, c'était à Villepin le fusible.
Pas de démission de son poste de premier ministre, certe, mais une décrédibilisation très forte qui lui valut de ne pas pouvoir prétendre à l'investiture de l'UMP pour les présidentielles.

Quand le NON l'emporta lors du référendum pour le traité de constitution Européene, Raffarin démissionna.
Mais là ?
Qui va démissionner en cas de grosse bourde ? Sarkozy ? Puisqu'il fait tout tout seul, qu'il reprend ses ministres, ses secrètaires général, puisqu'il improvise des sauvetages d'infimières bulgares par-ci, qu'il fait le chauffeur pour les rappatriés du Tchad victimes de l'affaire de « L'arche de Zoé » ,

L'ennui d'être partout, tout le temps, et de tout faire c'est que lorsque l'on se trompe alors on subit tout seul les foudres de tout le monde, même des siens.
A trop vouloir se montrer -toujours bien habilement entouré d'objectifs de caméras- Sarkozy risque une chose : sa crédibilité personnelle.
En peu de temps; Sarkozy se prend à défier trop vite trop de monde dans un laps de temps trop court.
Son affichage avec Georges W Bush, l'homme sans doute le plus détesté de la planète, chef d'un Etat perpetuellement en guerre ne semble pas être une bonne idée... Et pourtant! Il y tient!

Sarkozy est-il un homme d'action... Ou de gesticulations ?
On pourrait lui prêter une envie maladive de plaire. De ces envies bipolaires qui rejettent toutes critiques, même de ses amis.
Quand on le flatte, il est aux anges. Ses amis fidèles bénéficie de sa sympathie, quant aux autres... Il n'y a pas de demi-mesure : Enemis, adversaires, concurrent, la vie selon Sarkozy c'est la place du premier à obtenir à tout prix contre n'importe qui de n'importe quelle façon.
Si son attitude de petit cow-boy, pour le coup plus franchement semblable à celle d'un pilier de bar exhortant un type qui l'a bousculé de « v'nir se battre » plutôt qu'à celle que nous projètent précisement les westerns américains énèrve, elle montre surtout ses faiblesses car à s'exposer, on en montre plus qu'on ne le voudrait.

Ainsi : grêve, mécontentement des pêcheurs, problème corse, réforme de l'éducation nationale, les ministres font les lois, Sarkozy les fait siennes ... Et se met ainsi en première ligne, à découvert, pour se faire descendre par une opposition à qui il ne pourra plus désormais reprocher les fautes aussi souvent, cette opposition n'ayant plus connu le pouvoir depuis 2002.
Sarkozy, à force de jouer trop en avant dans l'excès et la représentation perpetuelle risque de ne pas trouver d'autre fusible à faire sauter en cas de grave conflit ... Que lui-même !

Paris Hilton défend les éléphants alcooliques

Posté le 13.11.2007 par artsocial
On aura tout entendu



Actuellement en tournée en Asie, avec sa sœur Nicky, pour promouvoir tout et n’importe quoi (son parfum, ses montres, son album…), Paris Hilton s’est trouvé une nouvelle cause à défendre : elle veut aider les éléphants alcooliques ! La jeune héritière s’est en effet dit scandalisée après avoir appris qu’une quarantaine de pachydermes s’étaient électrocutés après avoir été enivrés par de l’alcool de riz qu’ils avaient consommé par accident dans un village du nord-est de l’Inde.

Elle raconte : « C'est vraiment horrible, a déploré Paris. Les éléphants sont saouls toute la journée, c'est devenu dangereux. Il faut les empêcher d'avoir accès à l'alcool. »

Alors que propose-t-elle ? Pour le moment, no comment. La blonde réfléchit !

13 nov 1947 : André Gide reçoit le prix Nobel

Posté le 13.11.2007 par artsocial
1947 : André Gide reçoit le prix Nobel de littérature.



André Gide est un écrivain français né à Paris le 22 novembre 1869 et mort le 19 février 1951. Il est enterré dans le petit cimetière de Cuverville (Seine-Maritime).

Volonté de liberté et d'affranchissement à l'égard des contraintes morales et puritaines, son œuvre s'articule autour de la recherche permanente de l'honnêteté intellectuelle. Comment être pleinement soi, jusqu'à assumer sa différence sexuelle, sans jamais démériter à l'égard de ses valeurs ? Ce pourrait être l'enjeu de l'écriture gidienne et la raison de son importance dans la première moitié du XXe siècle.

Biographie

L’enfance
André Gide naît le 22 novembre 1869 à Paris. Il est le fils de Paul Gide, professeur de droit à la faculté de Paris, et de Juliette Rondeaux, et neveu de l'économiste Charles Gide. Le premier, originaire d'Uzès, descend d'une austère famille protestante. La seconde est la fille de riches bourgeois rouennais, anciennement catholiques et convertis au protestantisme depuis quelques générations. L'enfance de Gide est marquée par une alternance entre des séjours en Normandie –à Rouen, dans la famille Rondeaux, et à La Roque, propriété maternelle – et des séjours chez sa grand-mère paternelle, à Uzès, dont il aime passionnément les paysages. Il attachera beaucoup d'importance à ces influences contradictoires, quitte à exagérer leur caractère antithétique.


Le décès de son père, le 28 octobre 1880, l'écarte un peu plus d'une scolarité normale. Déjà marqué par la mort d'un petit cousin, Émile Widmer, qui provoque chez lui une profonde crise d'angoisse, baptisée d'après Goethe du nom allemand de Schaudern, André perd, avec la mort de Paul Gide, une relation heureuse et tendre, qui le laisse seul face à sa mère : « Et je me sentis soudain tout enveloppé par cet amour, qui désormais se refermait sur moi. » . Juliette Gide, souvent présentée comme une mère rigoriste et castratrice, n'en éprouve pas moins pour son enfant un amour profond, tout comme celui que Gide lui porte. Elle aura toujours à cœur de l'accompagner dans son cheminement intellectuel – quitte à y porter la contradiction – et montrera une souplesse d'esprit bien supérieure à celle que l'on pouvait attendre d'une jeune fille Rondeaux. Il n'en reste pas moins que son amour étouffant, sa « sollicitude sans cesse aux aguets »a souvent excédé son fils.

Durant l'année 1881, Juliette Gide l'emmène d'abord en Normandie - il y connaît un second Schaudern (« Je ne suis pas pareil aux autres ! Je ne suis pas pareil aux autres ! » ) - où elle confie son instruction à un précepteur peu inspiré ; puis elle le conduit à Montpellier, auprès de l'oncle Charles Gide. Persécuté par ses condisciples, Gide échappe au lycée grâce à une maladie nerveuse plus ou moins simulée. Après une série de cures, il réintègre l'École alsacienne en 1882, avant que des migraines ne l'en chassent. Suit une alternance de séjours entre Paris et Rouen, où le jeune André est confié à des professeurs particuliers à l'efficacité variable.


Les vocations
Durant l'un de ses séjours à Rouen, à l'automne 1882, il surprend le chagrin secret que sa cousine Madeleine entretient à propos des relations adultères de sa mère. Dans son émotion, il découvre « un nouvel orient à [sa] vie » . Là naît une relation longue et tortueuse. Gide est fasciné par la jeune fille, par sa conscience du mal, son sens rigide et conformiste de ce qu'il faut faire, une somme de différences qui l'attire. Il se construit peu à peu de sa cousine une image parfaite dont il tombe amoureux, de façon purement intellectuelle et néanmoins passionnée.

À partir de 1883, il suit pendant deux ans des cours particuliers chez M. Bauer. Auprès de celui-ci il découvre, entre autres, le Journal d'Amiel, qui l'incitera bientôt à tenir son propre journal intime. Son cousin Albert Démarest, par son attention bienveillante et ouverte, joue également un rôle important auprès de lui, obtenant par exemple de sa mère réticente l'accès à la bibliothèque paternelle.

Entre 1885 et 1888, le jeune André vit une période d'exaltation religieuse - qualifiée « d'état séraphique »- qu'il partage avec sa cousine grâce à une correspondance nourrie et des lectures communes. Il puise abondamment dans la Bible, les auteurs grecs, et pratique l'ascétisme. En 1885, il fait connaissance à la Roque de François de Witt-Guizot, qu'il associe un temps à son mysticisme. L'année suivante, c’est le pasteur Élie Allégret, précepteur d'un été, qui devient son ami.

En 1887, il réintègre l'École alsacienne en rhétorique et y rencontre Pierre Louÿs, avec lequel il s'engage dans une amitié passionnée, qui gravite autour de la littérature et de leur commune volonté d'écrire. L'année suivante, en se préparant au baccalauréat de philosophie (au lycée Henri-IV), il découvre Schopenhauer. Après le baccalauréat (1889), il se met à fréquenter les salons littéraires, rencontrant de nombreux écrivains. Son premier recueil, Les Cahiers d'André Walter, grâce auquel il espère obtenir un premier succès littéraire et la main de sa cousine, rencontre la faveur de la critique, à défaut d’attirer l'attention du public. Les Cahiers lui permettent de rencontrer Barrès (celui du Culte du moi, non celui des Déracinés, auquel il s’opposera) et Mallarmé, au contact duquel son mysticisme religieux se transforme en mysticisme esthétique. Alors que naît avec Paul Valéry une amitié durable, ses relations avec Pierre Louÿs - qui l’accuse, comme sa cousine, d'égocentrisme - commencent à se détériorer. Quant à Madeleine, elle refuse de l’épouser et s’éloigne craintivement de lui. Commence alors une longue lutte pour vaincre sa résistance et convaincre la famille, elle aussi opposée à cette union. Dans l’ensemble, cette période de fréquentation assidue et vaine des salons – une « selve obscure »[8] - le déprime.


La tentation de vivre
En 1891, peu après avoir écrit le Traité du Narcisse, il rencontre Oscar Wilde. L’homme l'effraie autant qu’il le fascine. Pour Gide qui commence à se détacher d’André Walter, de son idéal ascétique, du rejet de la vie, Wilde est l'exemple même d'une autre voie.

Au printemps 1892, un voyage en Allemagne, sans sa mère, est l'occasion d’approfondir sa connaissance de Goethe. Gide commence alors à penser que « c’est un devoir que de se faire heureux ». Dans les Élégies romaines, il découvre la légitimité du plaisir – à l’opposé du puritanisme qu’il a toujours connu - et il en découle pour lui une « tentation de vivre ». C'est aussi le début des tensions avec sa mère. Celle-ci cependant décide de soutenir son fils dans la conquête de Madeleine, contre le reste de la famille Rondeaux et la jeune fille elle-même, qui reste fermement opposée à une union avec son cousin.

Durant l’été 1892, il écrit le Voyage d'Urien. À sa sortie, le livre est ignoré par la critique, et les encouragements des proches sont peu fournis. À l’automne, après un bref passage en caserne – mal vécu – et cinq conseils de révision, Gide est réformé. L'année suivante est marquée par la naissance d’une nouvelle amitié – exclusivement épistolaire dans un premier temps - avec Francis Jammes, que lui a présenté Eugène Rouart.

C’est cependant une autre amitié, celle de Paul Laurens, qui va jouer un rôle décisif. Le jeune peintre, dans le cadre d'une bourse d’étude, doit voyager durant un an et l’invite à se joindre à lui. Ce périple, rapporté dans Si le grain ne meurt, va être pour Gide l’occasion d’un affranchissement moral et sexuel qu’il appelait de ses vœux. Ils partent en octobre 1893 pour un voyage de neuf mois, en Tunisie, en Algérie et en Italie. Dès le départ, Gide est malade et son état empire à mesure que les deux jeunes gens descendent vers le sud de la Tunisie. C'est pourtant dans ce contexte, à Sousse, qu’il découvre le plaisir avec un jeune garçon, Ali. Paul et André s'installent ensuite à Biskra en Algérie, où se poursuit leur initiation, dans les bras de la jeune Mériem. L’intrusion soudaine de Juliette Gide, inquiète pour la santé de son fils, vient rompre leur intimité, avant que le voyage ne reprenne sans elle, en avril 1894. À Syracuse, brièvement aperçue, succède la découverte de Rome – que Gide, toujours maladif, apprécie peu – et de Florence. Alors que Paul Laurens rentre en France, Gide poursuit vers la Suisse pour y consulter le docteur Andreae. Celui-ci diagnostique une maladie essentiellement nerveuse et lui redonne foi en sa santé. Après un passage par La Roque, il retourne en Suisse et s’installe à La Brévine, qui servira de décor à la Symphonie pastorale. Il y achève Paludes tout en songeant aux Nourritures terrestres.


Le mariage
L’année 1895 débute par un second voyage en Algérie. Gide rencontre à nouveau Wilde, flanqué de Lord Alfred Douglas (« Bosie »), et connaît une autre nuit décisive en compagnie d'un jeune musicien. La correspondance avec sa mère accuse une opposition de plus en plus véhémente. Cependant, à son retour en France, les retrouvailles sont sereines. Madeleine, qu'il revoit au même moment, se rapproche enfin de lui. La mort brusque de Juliette Gide, le 31 mai 1895 – synonyme pour son fils à la fois de douleur et de libération – semble précipiter les choses. Les fiançailles ont lieu en juin, le mariage, qui ne sera jamais consommé, en octobre. Suit un voyage de noces de sept mois où André, désormais en pleine santé, se sent sans cesse freiné par une épouse maladive. En Suisse, il travaille aux Nourritures terrestres, commencées à Biskra. Il écrit également une postface à Paludes, qui fait de l'ouvrage une préface aux Nourritures, Paludes clôturant de manière satirique la période symboliste, et les Nourritures ouvrant une voie nouvelle. Gide gardera l’habitude de considérer ses œuvres comme des jalons sur son chemin, écrites par réaction les unes aux autres et qu'on ne peut comprendre que dans une vue d'ensemble.

Le voyage des jeunes mariés se poursuit en Italie puis, de nouveau, en Algérie, à Biskra, où les Gide reçoivent la visite de Jammes et Rouart. De retour en France, au printemps 1896, Gide apprend qu'il a été élu maire de La Roque. S'il exerce consciencieusement son mandat, il refuse de s'engager en politique, de même qu'il refuse de s'enrôler dans une école littéraire. Durant l'été, il écrit El Hadj (publié dans la revue du Centaure) et achève les Nourritures. Publié en 1897, le livre reçoit un accueil élogieux mais également des critiques tant sur le fond (Francis Jammes et d'autres lui reprochent son individualisme et sa joie indécente) que sur la forme, les critiques peinant à comprendre la structure de l’œuvre, à l'exception notable d’Henri Ghéon[11]. Entre les deux hommes se noue une amitié profonde qui durera jusqu'à la conversion de Ghéon au catholicisme en 1916.

Durant l'hiver 1898, Gide commence à s'intéresser à l'affaire Dreyfus. Il signe la pétition de soutien à Zola, mais refuse de rompre le dialogue avec ceux qui, dans son entourage, prennent le parti inverse. Sans transiger, il s'efforce de comprendre, sinon de convaincre, ses adversaires. Un séjour de dix semaines à Rome – qu'il apprécie enfin – est marqué par la découverte de Nietzsche. Il retrouve chez le philosophe ses pensées les plus secrètes : « La grande reconnaissance que je lui garde, c'est d'avoir ouvert une route royale où je n'eusse, peut-être, tracé qu'un sentier » . Il travaille à Saül. Contrepoint aux Nourritures, l’œuvre doit traduire le danger d'une trop grande disposition à l'accueil, le risque de dissolution de la personnalité. Une fois la pièce achevée, Gide s'obstine vainement à la mettre en scène, ce qui explique sa publication tardive (1903). L'année 1898 se traduit également par une activité de critique et de chroniqueur de plus en plus soutenue, notamment dans L'Ermitage, revue qu'il ne dirige pas tout en y jouant un rôle prééminent. Il y parle de Nietzsche, y fait l'éloge funèbre de Mallarmé, y répond aux Déracinés de Barrès… C'est cependant dans la Revue Blanche qu'il publie Philoctète. Peu après, la sortie du Prométhée mal enchaîné, incompris par la critique, passe inaperçue.

Au printemps 1899, Gide se lie avec les époux van Rysselberghe. Les Cahiers de la Petite Dame (Maria van Rysselberghe), commencés en 1918, à l’insu de l’écrivain, et poursuivis jusqu’à sa mort, constituent pour les biographes un témoignage précieux. L'année suivante, Gide entame une collaboration régulière avec La Revue Blanche. Enfin, en 1901, il parvient à faire monter une de ses pièces. Mais la première du Roi Caudaule (écrit en 1899) est un désastre. La pièce est éreintée par la critique. Gide prend alors le parti de snober le grand public et le théâtre.


De l’Immoraliste à la Porte étroite

En 1902, L'Immoraliste obtient plus de succès mais l’auteur, trop vite assimilé par la critique au personnage de Michel, se sent incompris. Selon lui, Michel n'est qu'une virtualité de lui-même, dont il se purge en écrivant. Après L'Immoraliste, il connaît un passage à vide qui se prolonge jusqu'à la publication de La Porte étroite en 1909. Entre-temps, il peine à écrire, ne publiant guère que Prétextes (recueil de critiques, en 1903), Amyntas (en 1906, sans aucun retentissement critique) et le Retour de l'enfant prodigue (1907). Il publie également un hommage à Wilde, en 1902 : la bataille ainsi engagée pour préserver la mémoire de l’écrivain contre les attaques sournoises de Bosie se poursuivra dans Si le grain ne meurt.

Pendant ces quelques années, de nouvelles amitiés se nouent ou s'approfondissent (avec Jacques Copeau, Jean Schlumberger, Charles du Bos). D'autres se défont progressivement, avec Jammes notamment, converti par Paul Claudel, même si les dissensions entre les deux amis précèdent cette conversion. Gide également est entrepris par Claudel, qui se qualifie lui-même de « zélote » et de « fanatique »[13]. Ce dernier échoue cependant, car Gide est moins tenté de se convertir que de vivre l'expérience de la foi à travers Claudel, par empathie. C'est aussi durant cette période, après avoir vendu La Roque en 1900, qu’il fait construire sa maison à Auteuil, maison qu'il juge inhabitable, que Madeleine prend immédiatement en grippe, mais dans laquelle il vivra vingt-deux ans (1906-1928).

La fin de la décennie est marquée par un retour à l'écriture, avec La Porte étroite, et par la création de la Nouvelle Revue Française. La Porte étroite est le premier livre de Gide à lui rapporter quelques subsides. La critique ne tarit pas d'éloges mais une fois de plus, il se sent incompris. De même qu'on l'avait assimilé à Michel, on l'assimile désormais à Alissa, alors que son effort d'empathie envers son héroïne n'est en rien une approbation. La dimension ironique et critique de l’œuvre passe largement inaperçue.

Quant à la NRF, si Gide n'en est pas officiellement le directeur, il en est du moins le chef de file, entouré de Jean Schlumberger, Jacques Copeau… En 1911, le groupe s'associe à Gaston Gallimard pour adosser une maison d'édition à la revue. Isabelle sera un des premiers titres du catalogue.


Corydon

C'est à cette période que Gide commence à écrire Corydon, essai socratique qui tend à combattre les préjugés envers l'homosexualité et la pédérastie. Sa décision d'écrire fait suite au procès Renard, qui voit un homme accusé de meurtre, moins en raison des charges qui pèsent contre lui que de ses « mœurs innommables ». Les amis à qui Gide soumet l'ébauche du traité sont effrayés par le scandale et le rejaillissement qu'il pourrait avoir sur sa vie publique et privée, tant et si bien que Gide ne fait d'abord imprimer que les deux premiers chapitres, anonymement et en petit nombre, en 1910. Il complétera son œuvre en 1917-18, pour ne la publier sous son nom qu'en 1924.

1913 est marquée par la naissance d’une nouvelle grande amitié, unissant Gide à Roger Martin du Gard, après la publication de Jean Barois par Gallimard. Ami fidèle et critique dénué de flatteuse indulgence, Roger Martin du Gard restera dans la garde rapprochée de Gide jusqu’au décès de ce dernier.

L’année suivante, la publication des Caves du Vatican, conçu comme « un livre ahurissant, pleins de trous, de manques, mais aussi d'amusements, de bizarrerie et de réussites partielles »[14] est un échec. Le livre mécontente notamment Claudel qui y décèle des accents pédérastiques. Après avoir sommé Gide de s’expliquer, il refuse désormais toute collaboration avec lui. Progressivement évincé de la direction effective de la NRF, laissée à Jacques Rivière et Gaston Gallimard, Gide est désœuvré lorsque commence la Première Guerre mondiale. Après un premier mouvement nationaliste, il développe une réflexion sur la complémentarité possible entre la France et l’Allemagne, vision d’avenir d’une Europe culturelle, qu’il défendra dès la fin de la guerre[15] (rencontres avec Walter Rathenau[16] et [17]). Pour s’affronter à la réalité, il s’engage dans un foyer franco-belge et s’y épuise.

1916 est l’année d’une nouvelle tentation de se convertir au catholicisme. La crise est provoquée par la conversion de Ghéon. Pour Gide, le problème est moins religieux que moral : il balance entre un paganisme qui lui permet de s’affirmer dans la joie et une religion qui lui donne des armes pour combattre son péché. Sa réflexion se traduit par l’écriture de Numquid et tu. Au final, la conversion n’a pas lieu, par rejet de l'institution ecclésiastique, par refus de substituer une vérité institutionnelle à une vérité personnelle et d'abandonner son libre examen. Le dogmatisme des catholiques qui l'entourent, tel Paul Claudel, l’écarte également de cette voie. Pour poursuivre son cheminement, il commence la rédaction de Si le grain ne meurt.

L’année suivante est bien différente. En mai, Gide entame une liaison avec le jeune Marc Allégret. Alors que désir et amour avaient toujours cheminé séparés, le cœur et le corps vibrent cette fois à l’unisson. Tandis qu’il reprend Corydon, Henri Ghéon s’éloigne définitivement. En 1918, c’est Madeleine qui se détache de lui. Tandis qu’il voyage en Angleterre avec Marc, un hasard vient confirmer les doutes qu’elle réussissait encore à taire. Elle brûle les lettres de son mari et se replie chez elle, à Cuverville. Gide, que cette destruction laisse inconsolable (« Je souffre comme si elle avait tué notre enfant »[18]), devient le spectateur impuissant du lent étiolement de celle qui constitue toujours l'axe de sa vie. Ce drame lui laisse cependant une liberté nouvelle : celle de publier Corydon et ses mémoires.


La gloire et sa rançon
Au sein d’une NRF divisée (la maison d’édition adossée à la revue devient la Librairie Gallimard), Gide garde la fonction symbolique de figure tutélaire. Auteur, il est également chargé de dénicher de nouveaux talents et de rendre possible la coopération entre anciens et nouveaux venus (Aragon, Breton, Montherlant). Dans les années 20, sa réputation ne cesse de grandir. On écoute cette voix qui parle de transformer les esprits sans évoquer de révolution. On reconnaît également, avec enthousiasme ou consternation, son rôle de guide de la jeunesse. Lui conserve l’impression d’être célèbre sans avoir été lu ni compris.

Son influence lui vaut des attaques virulentes de la droite catholique (Henri Massis, Henri Béraud). On lui reproche ses valeurs, son intellectualisme, la mainmise de la NRF sur la littérature française et même sa langue. Gide, fermement soutenu par Roger Martin du Gard, se défend peu mais défend la NRF. Plusieurs intellectuels de droite (Léon Daudet, François Mauriac), qui l'admirent malgré leurs divergences, refusent de prendre part à cette campagne de dénigrement, sans pour autant le défendre. Gide va d’ailleurs donner à ses ennemis de quoi nourrir leurs attaques, en publiant enfin Corydon, qui n’avait fait l’objet en 1920 que d’un tirage limité, destiné aux proches. Tous ses amis ont tenté de le dissuader, voire, une fois encore, de le convertir. Il préfère mettre en jeu sa situation, se remémorant le cas douloureux de Wilde, qui motive sa volonté de tomber le masque. Finalement, la publication (1924) tombe dans l'indifférence, à la fois parce que le livre est mauvais, trop démonstratif[19], et parce que l'opinion, si prompte à lever d'autres tabous, n'est pas encore prête à affronter celui-là. Le scandale viendra deux ans plus tard, avec Si le grain ne meurt.


De la paternité au Congo
Entre temps la vie de Gide a été bouleversée par un autre événement : la naissance de Catherine (avril 1923) le fait père, avec la complicité d’Elisabeth van Rysselberghe, fille de Maria, à qui il avait écrit : « Je me résigne mal à te voir sans enfant et à n’en pas avoir moi-même ».[20]. Catherine Gide ne sera officiellement reconnue par son père qu’après la mort de Madeleine, à qui cette naissance est soigneusement cachée. Gide s’occupe également de l’établissement de Marc Allégret. Il compose ainsi une famille hors norme, qui s’installe avec lui rue Vaneau, lorsqu’il vend la villa Montmorency en 1928. Dans cette nouvelle demeure, une chambre est dédiée à Madeleine et à son absente présence, qui pèse sur lui. Les Faux-Monnayeurs, publiés en 1925, est le premier livre qui n’est pas écrit en fonction d’elle. Malgré la modernité de la seule œuvre qu’il considère comme un roman, Gide craint d’être daté, souffre d’apathie. Son voyage au Congo, avec Marc Allégret, est l’occasion d’un nouvel élan.

Durant ce périple de onze mois, Gide retrouve le plaisir de l'exotisme et le goût de l'histoire naturelle. Mais ce qui devait n’être qu’un voyage d'esthète prend malgré lui une autre tournure, face à la réalité du colonialisme. Il se révolte d'abord contre la mise en pratique de l'idéal colonial, dénonçant erreurs administratives et inexpérience. Puis ses enquêtes l’amènent à percevoir la perversité du système tout entier, l'inexistence volontaire de l’administration qui laisse toutes libertés aux compagnies. Il comprend également que les dirigeants parisiens n’ignorent rien de ces pratiques et les cautionnent. Il remet alors son témoignage à Blum, qui le publie dans Le Populaire (Voyage au Congo sera publié par la NRF en 1927). La droite et les compagnies accusées dénient à l'écrivain Gide la compétence d'analyser le colonialisme. Pourtant des enquêtes administratives corroborent ses affirmations. Un débat à l'Assemblée nationale s’achève sur de nombreuses promesses gouvernementales. Gide craint que l’opinion ne se rendorme mais il refuse de prendre sur la question coloniale une position de principe. Le temps de l’engagement politique n’est pas venu.


Engagement et désillusion
Les conversions au catholicisme se multiplient autour de Gide (Jacques Copeau, Charles Du Bos). Beaucoup guettent sa reddition. Leur désir de voir tomber la citadelle imprenable est d’autant plus aigu que Gide a d’indéniables racines chrétiennes et qu’il s'avance sur le même terrain qu’eux, celui de la morale et de l’esprit. Lassé des attaques comme des tentatives de séduction, Gide réplique en publiant les Nouvelles Nourritures terrestres (1935).

Malgré la composition de cet évangile de la joie, il souffre dans les années 30 d’un certain essoufflement, qui touche aussi bien l’écriture que les amours ou les voyages, pour lesquels il ressent désormais plus de curiosité que de fièvre. Sous l'influence de deux nouveaux venus, Pierre Herbart – futur général Le Vigan, qui épouse Élisabeth van Rysselberghe en 1931 -– et Bernard Groethuysen, il s'intéresse au communisme, s'enthousiasmant pour l'expérience russe dans laquelle il voit un espoir, un laboratoire de l’homme nouveau, qu’il appelle - sur le plan moral, psychologique et spirituel - de ses vœux.

En s’engageant dans cette voie, Gide cède aussi à la tentation de sortir du purisme esthétique et de faire usage de l'influence acquise à son corps défendant. Sa prise de position n’est guère comprise par ses proches. Roger Martin du Gard accepte mal de voir se terminer par un « acte de foi » une vie occupée à combattre les dogmes. D’ailleurs, si Gide met bien sa gloire en péril, il n’apporte à la cause que la caution de son nom et ne se sent pas vraiment à sa place dans les réunions politiques. Dans cette affaire, il n’engage que sa personne – bien conscient d’être instrumentalisé – et non sa plume, refusant par exemple d’adhérer à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires : il ne peut se résoudre à compromettre l’autonomie du champ littéraire, qu’il a toujours défendue.

Beaucoup de ses nouveaux alliés regardent avec défiance ce grand bourgeois qui vient à eux, trouvant, à l’instar de Jean Guéhenno, que « les pensées de M. Gide semblent trop souvent ne lui coûter rien. M. Gide n’a pas assez souffert » (Europe, 15 février 1933). Rapidement, alors qu'il accepte de présider tout ce qu'on lui demande de présider, son esprit regimbe contre l'orthodoxie. Il développe pour lui-même une vision du communisme qui concilie égalitarisme et individualisme, évoquant dans son journal « une religion communiste » qui l'effraie . Il est particulièrement actif dans diverses actions antifascistes . En 1936, les autorités soviétiques l’invitent en URSS. Accompagnés de quelques proches (Jef Last, Pierre Herbart, Louis Guilloux, Eugène Dabit), il accepte de partir. Ses illusions tombent : au lieu de l’homme nouveau, il ne trouve que le totalitarisme. Il accepte progressivement l’amère déception que partagent ses comparses. Puis il décide de publier son témoignage, Retour de l’URSS. Le PCF, Aragon en tête, et les autorités soviétiques tentent d’abord d’empêcher la publication puis d’étouffer l’affaire par le silence. En réaction aux procès de Moscou, Gide revient à la charge avec Retouches à mon retour d’URSS]], où il ne se contente plus de faire part d'observations, mais dresse un réquisitoire contre le stalinisme. « Que le peuple des travailleurs comprenne qu'il est dupé par les communistes, comme ceux-ci le sont aujourd'hui par Moscou ». C’est alors un nouveau déchaînement contre lui. On le traite de fasciste, on le pousse vers la droite, dont il refuse de rejoindre les rangs. L’heure du désengagement a sonné. L’homme nouveau n’est pas en URSS, la politique ne lui a pas apporté ce qu’il attendait. Tout en soutenant la cause des républicains espagnols (il soutient notamment les militants calomniés du Parti ouvrier d'unification marxiste), il se remet vite de sa désillusion (sans verser dans l'anticommunisme haineux ou la mauvaise conscience) et essaie de se replonger dans la littérature. Il regrette d’avoir « désappris à vivre », lui qui « savait si bien ».

À ce deuil politique succède un deuil plus intime, celui de Madeleine, morte le 17 avril 1938. Après avoir maudit son époux, celle-ci avait fini par accepter le rôle lointain mais essentiel qu’elle n’a cessé de jouer auprès de lui, ainsi que l’amour si particulier que Gide lui vouait. Amour dont il confesse l'étrangeté et les difficultés dans Et nunc manet in te, dont le premier tirage est réservé aux intimes.

Gide part à la recherche de sa sérénité perdue. Le contexte historique est peu favorable. La fin de la guerre d'Espagne – « héroïsme bafoué, foi trahie et tricherie triomphante » – emplit son « cœur de dégoût, d’indignation, de rancœur et de désespoir ». La vieillesse lui ôte également certains plaisirs : le piano que ses mains ne parcourent plus aussi souplement ; les voyages pour lesquels il ne ressent plus l’enthousiasme qu’il savait si bien faire partager ; le désir qui s'éteint.


La seconde guerre mondiale
Il ne faut que quelques jours à Gide pour passer de l’approbation à la réprobation du maréchal Pétain. Rapidement, il est accusé d'avoir contribué à la défaite en raison de son influence sur la jeunesse. Les journaux de la collaboration font son procès. Les Allemands reprennent en main la NRF, désormais dirigée par Drieu la Rochelle. Gide refuse de s’associer au comité directeur. Il donne un texte au premier numéro puis, devant l’orientation prise par la revue, s’abstient de toute autre publication, à l’instar de Mauriac. Malgré les pressions amicales ou inamicales, il publie dans Le Figaro sa volonté d'abandonner la NRF. Il refuse également une place d'académicien.

À l’atmosphère de Paris, il préfère un exil doré et serein sur la Côte d’Azur, publiant occasionnellement des articles de critique littéraire dans Le Figaro. À partir de 1942, les attaques dirigées contre lui (et bien d’autres) s’intensifient, sans qu’il puisse se défendre, pour cause de censure. Seul, il s’embarque pour Tunis. Pendant l’occupation de la ville, il constate avec effroi les effets de l'antisémitisme. Plus que d'autres privations, il souffre de son isolement. Puis il quitte Tunis libérée pour Alger, où il rencontre le général de Gaulle. Il accepte la direction (nominale) de l’Arche, une revue littéraire dirigée contre la NRF.

Après la Libération, il choisit de ne pas rentrer directement à Paris. Il craint l'épuration, non pour lui-même ou ses proches, aucun ne s’étant compromis, mais pour la dangereuse unanimité qui se crée à ce moment et qu'il juge totalitaire. Ses nuances et ses doutes lui valent de nouvelles attaques d’Aragon. Il laisse Jean Paulhan, Mauriac et Herbart prendre sa défense. À son retour, en mai 1946, il peine à trouver sa place dans un monde littéraire surpolitisé, lui qui a toujours voulu une littérature autonome. Alors que Sartre utilise volontiers sa notoriété à des fins politiques, Gide refuse d'assumer la sienne, cherchant à fuir ses obligations. Pour s’exprimer, il préfère la publication de Thésée aux tribunes.


La fin
Après 1947, il n’écrit presque plus. Tout en affirmant haut et fort qu’il ne renie rien – y compris Corydon, son livre le plus engagé et le moins réussi -, l'écrivain scandaleux qu'il a été accepte les hommages des institutions conservatrices (Oxford, prix Nobel de littérature en 1947), preuves selon lui qu’il a eu raison de croire à la « vertu du petit nombre » qui finit tôt ou tard par l’emporter. Il réaffirme également le rôle de l'intellectuel détaché de l'actualité. C'est par la littérature qu'il s'est dressé contre les préjugés de son temps et son influence est moins redevable à ses engagements politiques qu’à son art. Sartre décide de suivre une autre voie : sans cesser d’être littéraire, elle fait la part belle à l’engagement politique. Une émouvante rencontre filmée rassemble les deux hommes pour une sorte de passage de témoin : Gide laisse à Sartre la charge de « contemporain capital » et l'auréole de haine qui l'accompagne.

Sa principale préoccupation est désormais la publication de ses dernières œuvres, notamment son Journal (premier tome en 1939, second en 1950, avec quelques coupures à chaque fois) qu’il ne veut pas laisser à la charge de sa descendance familiale et spirituelle. En juillet 1950, il commence un dernier cahier, Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits, dans lequel il s'efforce de laisser courir sa plume. « Je crois même que, à l'article de la mort, je me dirai : tiens ! il meurt ». Malade despotique entouré de ses fidèles, il s’achemine vers une mort calme, dénuée d’angoisse et sans le sursaut religieux que guettaient encore certains. Décédé le 19 février 1951, on l’enterre auprès de Madeleine, à Cuverville, quelques jours plus tard. Son œuvre est mise à l'Index par le Vatican en 1952.

Les bretons c'est des bons

Posté le 13.11.2007 par artsocial
Il est des images qui ne passent pas sur toutes les chaînes de télé. Elles y gagneraient la célébrité assurément !

Pourquoi TFN et Rance2 n'ont pas passé cette très édifiante séquence ?

oui notre cher président rencontrant les pecheurs mécontents.


Amis qui payez la redevance et vous gavez de publicité d'après vous pourquoi ?

En tout cas pour un président qui use de l'insulte à tour de bras (si on en croit le Canard Enchaîné très bien informé !) c'est la réponse du pêcheur en mer au pêcheur de voix ! Ici resté sans ou presque. On a la virilité et le sens du combat que l'on peut, avec les moyens du bord que l'on a.

Un président de compréhension

Posté le 13.11.2007 par artsocial
Compréhesion rime avec raison, interrogation, réflexion, le bon ton mais aussi non au gros con!!!

Pourquoi génétique rime avec fric et nique?

Posté le 13.11.2007 par artsocial
aH OUI D' ACCORD !!!!!

zizi, sarkozy; un des deux donne du plaisir

Posté le 13.11.2007 par artsocial
Tout, tout sur SARKOZY
sur l'air du ZIZI de Pierre PERRET




Tout, tout, tout vous saurez tout sur Sarkozy
Son air cocu de parvenu,
Sourire mielleux et venimeux
Un arriviste opportuniste
Un démago bien mégalo
Tout, tout, tout, tout, vous saurez tout sur Sarkozy
J'ai vu p'tit Sarko à la télé, o gué, o gué
Faut dire qu'il aime bien se montrer o gué, o gué
Dans tous les commissariats
Félicitant ses soldats
Dans les banlieues délabrées
Traquant les sans papiers
Avec lui rien de bien diffici-ile
Y a qu'à mettre des flics et des vigi-iles
Après son mariage avec Edouard, o gué, o gué
Il est resté un peu au placard, o gué, o gué
Depuis il est ressorti
Car c'est un gars dégourdi
Et c'est avec le grand Jacques,
Qu'il casse la baraque
Juppé et ses amis politi-iques
Ah, c'est sûr, il leur a fait la ni-ique

Tout, tout, tout vous saurez tout sur Sarkozy
Son air cocu de parvenu,
Sourire mielleux et venimeux
Un arriviste opportuniste
Un démago bien mégalo
Tout, tout, tout, tout, vous saurez tout sur Sarkozy
Avant d'accéder à l'Elysée, o gué, o gué
À Matignon, il pensait squatter, o gué, o gué
Mais il a dû déchanter,
Le Jacquot l'avait planté
Et à nommer ce gêneur,
Ministre de l'Intérieur
Pour lui, c'est seulement un intermè-ède
De Jean-Pierre, il prendra la relè-ève
Avec Sarko, fini le social, o gué, o gué
Il veut faire des choses plus radicales, o gué, o gué
Finie la mendicité,
Exit les prostitués
Tous ceux qui sont basanés
Y'a qu'a les expulser
Tous les chômeurs, tous les RMI-istes
Sont pourchassés comme des terrori-istes

Tout, tout, tout vous saurez tout sur Sarkozy
Son air cocu de parvenu,
Sourire mielleux et venimeux
Un arriviste opportuniste
Un démago bien mégalo
Tout, tout, tout, tout, vous saurez tout sur Sarkozy
Sarko a trouvé la solution, o gué, o gué
Celle qui va sauver notre nation, o gué, o gué
C'est pourtant pas compliqué,
Il suffisait d'y penser
Tous ces pauvres et ces paumés,
y a qu'à les enfermer
Pendant que Jean-Pierre engraisse les ri-iches
Les pauvres n'ont qu'à se serrer les mi-iches
Tout, tout, tout vous saurez tout sur Sarkozy
Son air cocu de parvenu,
Sourire mielleux et venimeux
Un arriviste opportuniste
Un démago bien mégalo
Tout, tout, tout, tout, vous saurez tout sur Sarkozy

14 nov: que va-t-il inventer?

Posté le 13.11.2007 par artsocial
Pour être président ,il faut savoir prendre le temps d'être de moins en moins franc!!!!
Première page | <<< | 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 | >>> | Dernière page


Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus