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Ce qui est important, ce n'est pas de finir une oeuvre, mais d'entrevoir qu'elle permette un jour de commencer quelque chose.
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13.08.2007
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La Nuit nous appartient

La Nuit nous appartient

Posté le 03.12.2007 par artsocial
Présentation

New York, fin des années 1980. Bobby est le jeune patron d'une boîte de nuit branchée appartenant aux Russes. Avec l'explosion du trafic de drogue, la mafia russe étend son influence sur le monde de la nuit. Pour continuer son ascension, Bobby doit cacher ses liens avec sa famille. Seule sa petite amie, Amanda est au courant : son frère Joseph et son père Burt sont des membres éminents de la police new-yorkaise...
Chaque jour, l'affrontement entre la mafia russe et la police est de plus en plus violent, et face aux menaces qui pèsent contre sa famille, Bobby va devoir choisir son camp...


La critique

La mafia russe vit de beaux jours… Après David Cronenberg et ses 'Promesses de l'ombre', c'est au tour de James Gray de dépeindre un New York aux mains du milieu venu de l'Est. Après 'Little Odessa' et 'The Yards', le réalisateur nous plonge à nouveau au coeur d'un drame criminel à la noirceur opaque. Une histoire familiale complexe dont il s'évertue à décortiquer les ressorts émotionnels. Et indubitablement, la nuit lui appartient. Il sait la filmer. En saisir l'intensité et en capter la pulsion de vie. Les lumières et ses tumultes. A l'effervescence des clubs, il oppose le silence tendu de la rue. Ces artères déshumanisées et ténébreuses où se trament, à l'écart des joies naïves des convives, les tractations des hommes aux mains sales. L'immersion est totale et immédiate. Avec un sens aigu du cadre et de la mise en scène, James Gray prend le temps d'installer ses personnages à travers un scénario minutieusement orchestré. Il déroule l'ascension de Bobby Green, magistralement interprété par un Joaquin Phoenix charismatique, se complaisant dans une opulence aveugle et sans limites. Face à lui, Gray place la gravité solennelle du frère (Mark Wahlberg), et la sévérité sage du père (Robert Duvall). Mais au up exaltant succède un down hypnotique. Le trio que vient compléter une Eva Mendes très inspirée s'enlise peu à peu dans une tourmente shakespearienne. Acculé, Bob cède à la vengeance meurtrière. Mais Gray ne donne pas de leçon et dénonce davantage l'échec d'un système qu'il ne glorifie l'outrecuidance d'une police toute-puissante. De cette imbrication entre la complexité subjective du drame humain d'une part et la réalité violente qui s'impose à cette famille d'autre part naît toute la force du récit que vient parachever un impressionnant souci d'authenticité esthétique. 'La Nuit nous appartient' frôle la perfection, simplement entaché par deux "je t'aime" et un "amen" inutiles en ultime point final.



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