L'Angola est un pays du sud-ouest de l'Afrique, limitrophe de la République démocratique du Congo, la République du Congo, la Namibie et la Zambie. Le pays est un quadrilatère reliant l'Afrique centrale francophone à l'Afrique australe anglophone. Ancienne colonie portugaise, c'est le deuxième pays lusophone par son étendue et le troisième par sa population. L’état angolais est né en 1975. Les frontières actuelles résultent de la colonisation européenne mais les nationalités africaines priment toujours sur le sentiment national.
La guerre civile en Angola éclate dès l'indépendance de l'Angola en 1975 et ne s'achève qu'en 2002 avec les accords de paix signés entre le MPLA et l'UNITA.
Après le commencement du conflit dans les années 60, trois mouvements se proclament les véritables représentants du pays : le Front national de libération de l'Angola (FNLA), le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA).
Le MPLA proclame l'indépendance du pays le 11 novembre 1975 et la République populaire d'Angola est reconnue par l'Organisation de l'unité africaine en 1976.
Un accord de paix signé en 1994 entre le gouvernement et l'UNITA permet l'intégration des ex-rebelles de l'UNITA au sein du gouvernement et des forces armées. Un gouvernement d'unité nationale est formé en 1997, mais des luttes violentes reprennent à la fin de l'année 1998, laissant plusieurs centaines de milliers de personnes sans abri. En février 2002, Jonas Savimbi, leader historique de l'UNITA, tombe sous les balles de l’armée régulière angolaise, ouvrant une nouvelle ère politique pour le pays.
Depuis un quart de siècle, ces luttes internes ont fait près d'un million et demi de morts, soit plus de 160 par jour.
Géographie
Superficie : 1 246 700 km²
Densité : 8 hab./km²
Frontières terrestres : 5 198 km (République démocratique du Congo 2 511 km; Namibie *1 376 km; Zambie 1 110 km; République du Congo 201 km)
Littoral : 1 600 km
Extrémités d'altitude : 0 m > + 2620 m
Lignes de téléphone : 62 000 (en 1997)
Téléphones portables : 4 000 000 (en 2007 : 2 500 000 pour l'opérateur Unitel, 1 500 000 pour Movicel)
Postes de radio : 630 000 (en 1997)
Postes de télévision : 150 000 (en 1997)
Utilisateurs d'Internet : 172 000 (en 2005)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 7 (en 2005)
Routes : 76 626 km (dont 19 156 km goudronnés) (en 1997)
Voies ferrées : 2 771 km (en 2000)
Voies navigables : 1 295 km
Nombre d'aéroports : 247 (dont 31 avec des pistes goudronnées) (en 2000)
Économie de l'Angola
L’Angola est un pays ruiné par le communisme et la guerre civile. L’Angola a d’abord fourni la main d’œuvre pour l’économie brésilienne (1532–1850). À partir de 1875 le pays constituera le capital financier du Portugal et la population sera sa main d’œuvre devant produire les matières premières pour les industries de la métropole. Après l’indépendance, le pays s’est tourné vers le communisme, mais la guerre civile à en grande partie ruiné l’économie. Seules les extractions du pétrole et du diamant sont restées florissantes. Après quatre décennies de guerres ayant réduit la pays à l’état de chaos, la croissance a démarré en trombe à partir de l’année 2002, et les prévisions pour les années 2007–2012 sont très optimistes Le 1er janvier 2007, l'Angola faisait son entrée comme membre de plein droit au sein de l'OPEP.
Population : environ 13 millions (en 2006). 0-14 ans : 43,31 %; 15-64 ans : 53,98 %; + 65 ans : 2,71 %
Espérance de vie des hommes : 37 ans (en 2001)
Espérance de vie des femmes : 40 ans (en 2001)
Taux de croissance de la pop. : 2,15 % (en 2001)
Taux de natalité : 46,54 ‰ (en 2001)
Taux de mortalité : 24,68 ‰ (en 2001)
Taux de mortalité infantile: 193,72 ‰ (en 2001)
Taux de fécondité : 6,5 enfants/femme (en 2001)
Taux de migration : - 0,34 ‰ (en 2001
L’apartheid (mot afrikaans ou néerlandais emprunté du français, signifiant « séparation, mise à part» ) était une politique de développement séparé affectant des populations selon des critères raciaux ou ethnique dans des zones géographiques déterminées. Il fut conceptualisé et mis en place à partir de 1948 en Afrique du Sud par le Parti national, et abolie le 30 juin 1991. La politique d'apartheid se voulait l'aboutissement institutionnel d'une politique et d'une pratique jusque là empirique de ségrégation raciale (le baasskap et le colour bar), élaborée en Afrique du Sud depuis la fondation de la colonie du Cap en 1652. Avec l'apartheid, le rattachement territorial (puis la nationalité) et le statut social dépendaient du statut racial de l'individu.
Le concept de l’apartheid s’articulait ainsi autour de la division politique, sociale, économique et géographique du territoire sud-africain et de sa population répartie en quatre groupes racial hiérarchiquement ainsi distincts :
les Blancs : ce sont principalement les descendants d’immigrants européens arrivés dans le pays à partir de 1652 parmi lesquels on distingue les Afrikaners (60% de ce groupe racial) de locution afrikaans et les anglophones (40%), principalement des Britanniques. Ils représentent un peu plus de 21% de la population sud-africaine au moment de la mise en place de l'apartheid.
les Indiens : ce sont les descendants des coolies recrutés dans les régions de Madras et de Calcutta à partir de 1860 engagés dans les plantations de canne à sucre du Natal. Ils représentent un peu moins de 3% de la population en 1950.
les Coloured (ou métis) : on distingue d'une part les populations issus du métissage entre les Blancs et les Hottentots au 16è et 17è siècle et les malais du Cap. Ils représentent 9% de la population sud-africaine en 1950.
les Noirs ou Bantous : Ils représentent près de 67% de la population sud-africaine au moment de la mise en place de l'apartheid mais sont les moins urbanisés des 4 groupes raciaux (80% vivent alors en zone rurale). Ils se répartissent entre une dizaine d'ethnies dont les plus importantes sont les Xhosas et les Zoulous.
L'apartheid se distinguait en 2 catégories:
le petit apartheid ou apartheid mesquin qui protégeait l'intimité des Blancs dans leur vie quotidienne en limitant leur rapport avec les non-blancs,
le grand apartheid concernant la division spatiale du pays imposant des zones de résidence géographiquement séparées et racialement déterminées. Ce grand apartheid fut accompagné de mesures de déplacements et de regroupement des populations noires dans des foyers nationaux appelés bantoustans.
L'apartheid a également été appliqué de 1959 à 1979 dans le Sud-Ouest Africain/Namibie. En Afrique du Sud, il a été progressivement réformé durant les années 80 avec l'instauration de droits politiques aux indiens et aux métis avant d'être aboli en 1991.
Par extension, le terme d'apartheid s'applique parfois pour désigner toute politique de ségrégation.
Origines et mise en place de l'apartheid
Si l'apartheid a été mise en place à partir de 1948, la ségrégation raciale en Afrique du Sud existait depuis près de 3 siècles et s'était établie dans un contexte particulier à l'histoire complexe de ce pays.
L'apartheid est le produit de l'Histoire, des mythes et des singularités de l'Afrique du Sud. Cette singularité est marquée par le fait que d'anciens colons ont pris souche dans cette partie de l'Afrique dès le 17è siècle, ont récusé très tôt leurs racines européennes (néerlandaises, allemandes et françaises) et ont revendiqué leur africanité. Leur expression s'est effectuée notamment par opposition à la métropole coloniale néerlandaise mais aussi par rapport aux colons britanniques arrivés au 19è siècle et attachés à leur mère patrie. Elle aboutit finalement à un nationalisme afrikaner exacerbé par la religion, la souffrance et la guerre contre l'impérialisme britannique et dont la politique d'apartheid ne sera que l'une des manifestations les plus notoires.
L'apartheid ne peut-être cependant être considéré comme une forme flétrie du calvinisme primitif, ni un bastion arriéré du colonialisme ni encore moins une variante tropicale du fascisme ou du nazisme européen [1]. Son idéologie prend bien racine à la fois dans la théologie et dans les doctrines de justification de la colonisation. C'est par la doctrine calviniste de la prédestination selon laquelle l'homme est prédestiné par Dieu et a créé des élites pour diriger le monde et des non élus pour obéir aux premiers que les concepts ségrégationnistes ont d'abord été avalisés par les prédicateurs de l'église réformée hollandaise. Les Boers, isolés dans le veld, s'étaient ainsi facilement assimilés au peuple élu et bon nombre d'entre eux ont cru jusqu'à la fin des années d'apartheid, que Dieu leur avait donné l'Afrique du Sud comme il avait donné le pays de Canaan aux Hébreux, les noirs étant assimilés aux Cananéens
La victoire du parti national en 1948 a consacré celle du peuple afrikaans face à l'acculturation anglophone. Le thème récurent n'est plus dès lors la défense de l'identité afrikaans mais celle du peuple blanc d'Afrique du Sud (2,5 millions de personnes en 1950, 21% de la population totale) menacé par la puissance de la démographie africaine (8 millions de personnes en 1950 soit 67% de la population totale) [2].
C'est à la fois par idéalisme, par intérêt et par sécurité que les Afrikaners élaborent et maintiennent aussi longtemps le système d'apartheid, qui selon eux, est le seul moyen pour leur permettre non seulement de survivre en tant que groupe ethnique distinct mais aussi pour préserver leurs intérêts de classe au sein du groupe blanc [3]. L'apartheid est ainsi présenté comme un arsenal juridique destiné à assurer la survie du peuple afrikaner comme ethnie particulière mais aussi comme un "instrument de justice et d'égalité qui doit permettre à chacun des peuples qui constitue la société sud-africaine d'accomplir son destin et de s'épanouir en tant que nation distincte". Ainsi, beaucoup de nationalistes afrikaners pensent sincèrement que l'apartheid ouvrira des carrières et laissera leurs chances aux noirs, chances qu'ils n'auraient pu saisir s'ils avaient été obligés d'entrer en compétition avec les blancs au sein d'une société intégrée [4]. Cependant, à aucun moment les propres aspirations des peuples noirs d'Afrique du Sud ne sont pris en considération. L'apartheid leur est imposé dans la plus pure tradition du baasskap.
A partir des années 70, les Afrikaners n'ont plus la peur pathologique de perdre leur identité qui s'affirme d'ailleurs au travers de l'état sud-africain, un état militairement fort et économiquement puissant. La discrimination et la ségrégation raciale ne sont plus justifiées en termes idéologiques mais en termes économiques et politiques : la survie du capitalisme et la lutte contre le communisme. L'apartheid finit par représenter l'expression de désirs, d'angoisses et de complexes d'une population blanche, accrochée à une vision de l'histoire qui n'avait plus cours ailleurs depuis la fin de la seconde guerre mondiale [5].
Le contexte sud-africain
L'Afrique du Sud est un territoire caractérisé par une grande diversité ethnique et culturelle, héritée d'un passé complexe.
Avant l'arrivée des Européens, les peuples africains qui vivent en Afrique australe sont divers par leur physique, leur langue et leur mode de vie. On distingue principalement les bantous, les Khoïkhoïs et les Bushmen.
Au XVIIe siècle, les Néerlandais fondent une colonie au Cap peuplée progressivement d'immigrés venant des Provinces-Unies, de France, des États allemands et de Scandinavie[6].
Les descendants de ces premiers colons sont les Boers (qui signifie « fermier » ou « éleveur »), appelés ensuite Afrikaners pour désigner l'ensemble de la communauté blanche de langue afrikaans et de religion calviniste. Ils forment le principal groupe blanc de l'Afrique du Sud et vivent de l'agriculture ou de l'élevage.
Pendant la période néerlandaise, la colonie importe des milliers d'esclaves venant de Madagascar et d’Indonésie[7]. Les « Coloureds »[8] sont issus du métissage entre les différents groupes de population.
C'est à la fin du XVIIIe siècle que les Anglais commencent à coloniser l'Afrique du Sud : entre 1815 et 1914, près de 900 000 Britanniques s’installent en Afrique du Sud[9]. En 1814, la colonie du Cap passe définitivement sous le contrôle du Royaume-Uni et l'anglais devient une langue officielle en 1822. L'esclavage est aboli en 1833 : c'est alors que débute le Grand Trek, l'émigration de milliers de Boers vers l'intérieur des terres.
Après la découverte des diamants et de l’or dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'immigration européenne et africaine augmente. Des dizaines d'ouvriers indiens et chinois sont encouragés à venir travailler dans les mines et l'agriculture. Deux tiers des Indiens restent en Afrique du Sud après la fin de leur contrat[10].
La ségrégation avant 1948
La ségrégation raciale était une réalité bien avant l'établissement de l'Union sud-africaine. Pratiquée dès le 17è siècle, le confinement spatial des non-blancs dans les zones rurales du Cap ou du Natal tout comme dans les centres industriels résultaient de la double volonté de réduire la dangerosité sociale (vagabondage, vol, ...) des Africains que de contrôler la disponibilité de la main d'oeuvre[34]. Le caractère généralisé de la ségrégation ne relevait encore que de réglements empiriques.
La ségrégation à grande échelle date de l'époque d'Alfred Milner, haut commissaire en Afrique du Sud après la guerre des Boers quand il met en place une commission intercoloniale des affaires indigènes sud-africaines composée exclusivment de Britanniques et dont le but était d'élaborer un plan pour les futures relations raciales du dominion en tenant compte de la législation disparâtre des quatres colonies. Les théories du darwinisme social et du racisme scientifique imprègnent alors un grand nombre d'intellectuels de l'époque et, prétextant de la supériorité des Blancs, l'une des recommandations de la commission présidée par Sir Geofrey Lagden préconise la création de réserves indigènes à travers toute l'Afrique du Sud [35].
La première utilisation du mot « apartheid » remonte à 1917 lors d’un discours prononcé par Jan Smuts qui devint le Premier ministre du pays en 1919.
Même si la mise en œuvre de l’apartheid est attribuée au parti national qui dirigea le pays entre 1948 et 1994, la politique de ségrégation raciale lui est bien antérieure et remonte au début même de l'établissement des néerlandais en 1652.
L'apartheid
En juin 1948, le Parti National et son allié du Parti Afrikaner arrivèrent au pouvoir avec le programme d'apartheid conceptualisé par la commission Sauer et qui allait être mis en place par l'un des ses concepteurs, le docteur Hendrik Verwoerd, sous l'autorité du nouveau premier ministre, le pasteur Daniel François Malan. L’apartheid, en bloquant le système, en figeant les rapports entre races, exclut dorénavant les évolutions simples et pacifiques et devient la pierre angulaire de la politique nationale sud-africaine en s'insérant dans une philosophie précise, fixe, permanente et immuable, bien éloignée de l'ancien concept du "Colour Bar"
Le but de cette politique raciale est d'officiellement et institutionnellement assurer le « développement séparé » des communautés, sans que l'une exploite une autre, selon les mots de son théoricien, le docteur Verwoerd. L'Afrique du Sud serait une "communauté de nations" distinctes. Tous les individus sont systématiquement catégorisés sur la base de leur appartenance à un groupe racial ou ethnique (arbitrairement défini) : blanc, zoulous et bantous, indiens, métis, etc. (la différenciation entre afrikaners et autres blancs a finalement été abandonnée). Le mariage est réglementé et interdit entre blancs et noirs.
En 1956, le successeur de Malan, JG Strijdom, supprima le droit de vote résiduel des personnes de couleur (métis et noirs) de la province du Cap.
L'habitat, l'enseignement, les mouvements des personnes, l'emploi, etc. sont réglementés de façon à séparer tous les groupes.
Des États ethniques, les Bantoustans (ou Homeland), sont créés sur les terres ancestrales. Économiquement peu viables, limités à seulement 13 % du territoire, ils enferment des populations entières dans des îlots privés dont la plupart sont privés de richesse naturelle et d'industrie, sans accès au commerce international. Si cette indépendance de façade satisfait parfois les potentats locaux, elle est essentiellement factice.
Seuls les blancs bénéficient des garanties d'un régime démocratique, puis dans une moindre mesure à partir de 1984, les Indiens et les métis.
Les principales lois d'apartheid Loi sur l'interdiction des mariages mixtes (1949)
Loi d'immoralité (1950) pénalisant les relations sexuelles entre blanc et non blanc.
Loi de classification de la population (1950), distinguant les individus selon leur race.
Loi de suppression du communisme (1950), permettant d'interdire tout parti politique catalogué comme communiste par le gouvernement.
Loi d'habitation séparée (le fameux Group Areas Act du 27 avril 1950), répartissant racialement les zones urbaines d'habitation.
Loi sur les laissez-passer ('Pass Laws Act') de 1952 faisant obligation aux Noirs ayant plus de 16 ans d'avoir sur eux un laissez-passer en l'occurrence un document ressemblant à un passeport qui stipulait s'ils avaient une autorisation du gouvernement pour être dans certains quartiers.
Loi sur les commodités publiques distinctes (1953), ségrégant les toilettes, fontaines et tous les aménagements publics.
Loi d'éducation Bantoue (1953), concernant le programme scolaire des noirs.
Retrait du droit de grève aux travailleurs noirs, interdiction de la résistance passive (1953).
Loi de relocalisation des indigènes (Native resettlement Act de 1954) : permet de déplacer les populations noires vivant en zones déclarées blanches.
Loi sur le travail et les mines (1956), formalisant la discrimination raciale dans le monde du travail.
Loi sur la promotion de gouvernements noirs autonomes (1958), créant les bantoustans sous administration des non blancs.
Loi de citoyenneté des noirs des homelands (1971), retirant la citoyenneté sud-africaine aux noirs issus de communautés ethniques relevant de bantoustans déjà créés.
Décret sur l'Afrikaans (1974), obligeant toutes les écoles, mêmes noires, à dispenser en afrikaans tous les enseignements de maths, de sciences sociales, d'Histoire et de géographie du niveau secondaire.
Loi sur l'interdiction aux Noirs l'accès à la formation professionnelle (1976)
Quelques exemples:
Il est interdit à un employeur de donner à un travailleur africain le salaire d'un Blanc, même pour un travail et une durée identiques [réf. nécessaire].
Tout africain ayant 16 ans révolus, doit exhiber sur simple requête d'un agent de police, son "carnet de référence", indiquant : sa race, sa tribu, ses lieux d'habitation et de travail, son relevé d'impôts, etc.
Un Blanc n'a pas le droit d'apprendre à lire à un domestique africain[réf. nécessaire].
Tout africain qui trouve un emploi hors de sa ville doit la quitter dans les 72 heures.
Il est interdit à tout Africain d'assister à une réunion de famille si le nombre d'invités rend la réunion « indésirable »[réf. nécessaire].
Il est interdit à toute personne blanche d'avoir des relations sexuelles avec une personne africaine, métisse, ou indienne.
Il est interdit à tout Africain de se mettre en grève, pour toute raison que ce soit.
Aucun Africain n'a le droit d'acquérir une propriété ou des terres sur tout le territoire d'Afrique du Sud (hors des territoires qui lui sont attribués).
Évolution et condamnation internationale de l'apartheid
Le système génère des frustrations, bien sûr chez les noirs et autres groupes désavantagés qui trouvent en l'ANC un de leurs principaux porte-parole, mais aussi chez certains blancs libéraux, représentés notamment d'abord par le Parti Progressiste.
Le gouvernement réagit de manière souvent violente, au mépris des idéaux démocratiques qui sont censés le fonder. Les contestataires sont condamnés et emprisonnés.
Après la mort de Verwoerd en 1966, l'aspect idéologique de l'apartheid commence à s'effacer pour ne devenir plus qu'une stratégie politique destinée à préserver la domination politique de la communauté blanche, présentée ou ressentie également comme une arme de lutte contre le communisme. Ce fut particulièrement le cas sous les mandats de John Vorster et de Pieter Botha (théorie du total onslaught - assaut total en 1979). Suite à la proclamation de la république, les discours de la classe dirigeante afrikaner ne se focalisent plus sur l'identité afrikaans mais sur les concepts de nation sud-africaine dont celle de la nation blanche d'Afrique du Sud regroupant anglophones, afrikaners et lusophones. Ceux-ci, au travers de leur expression politique qu'est le parti national, n'en revendiquent pas moins "le droit historique et le devoir de maintenir leur souveraineté sur l'Afrique du Sud" alors que les noirs ne sont plus présentés comme inférieurs mais comme différents [42].
Dans les années 70, les Afrikaners n'ont plus la crainte pathologique de perdre leur identité nationale qui s'affirme d'ailleurs au travers de l'état sud-africain, un état militairement fort et économiquement puissant. Dans les années 80, ils sont néanmoins ébranlés par les condamnations internationales dont l'Afrique du Sud fait l'objet pour sa politique d'apartheid.
Le pays est alors en proie à la montée de la violence politique et de la répression policière. Des scientifiques sont chargés par les services secrets de travailler sur un programme de diminution du taux de fertilité des femmes noires par le biais d'une substance répandue dans l'eau ou les produits de consommation courante[43]. D'autres procédés sont testés comme l'imprégnation de poison sur des T-Shirts portés par des militants de l'ANC. De son côté, Umkhonto we Sizwe, la branche militaire de l'ANC, organise sa guérilla dans des camps d'entrainement en Angola, en Tanzanie ou en Zambie où des actes de torture ou des exécutions sont pratiqués contre les militants accusés d'espionnage. À partir de 1977, elle organise des sabotages et des attentats au sein même de l'Afrique du Sud. Parfois, ces actions restent symboliques (attentat contre des postes de police des townships, contre la centrale nucléaire de Koeberg) mais parfois ce sont de véritables attentats terroristes (attentat de church street à Pretoria en 1983, attentat d'Amanzimtoti en 1985, meurtres de fermiers blancs dans le nord et l'est du Transvaal ou de conseillers municipaux ou de policiers noirs accusés de collaboration dans les townships …).
Sous la pression de l'opinion occidentale (accompagnée de pressions économiques, notamment en provenance des États-Unis), de la contestation interne, de l'agitation de plus en plus incontrôlable dans les cités noires (les townships), et également de la pression démographique, l'apartheid est assoupli sous le gouvernement de Pieter Botha.
Après avoir autorisé la formation de syndicats noirs (en 1979), Botha entame en 1984 la réduction graduelle des inégalités de salaires entre Blancs et Noirs dans les mines et en 1985, autorise la formation de syndicat inter-raciaux et de partis non exclusivement blancs, du moment qu'ils n'aient pas été interdits par le passé. Ainsi se constituent le Front démocratique uni (en fait vitrine interne de l'ANC interdite) et la COSATU qui en 2 ans allaient confédérer 33 syndicats et revendiquer 220 000 adhérents.
En 1985, la loi portant interdiction des mariages mixtes est abrogée.
En 1986, la loi sur les laissez-passer ('Pass Laws Act') de 1952 est abolie, permettant aux Noirs sud-africains pauvres de se déplacer librement en ville, voire de s'y installer. Plus généralement, le gouvernement annonce la suppression des mesures vexatoires de discrimination dans les lieux publiques (aussi appelé "petty apartheid") sans entrainer cependant de changements de comportements. En 1987, après les élections municipales favorables au parti conservateur, celui-ci fait réinstaller dans les municipalités qu'il dirige les panneaux de ségrégation.
En 1987, la loi de 1922 fixant la liste des emplois réservés aux Blancs est abrogée.
Bien que des négociations secrètes directes entre l'ANC et des membres du parti national soient organisées depuis 1985 avec l'accord du gouvernement, Botha refuse d'aller plus loin dans ses réformes soucieux de la scission de plus en plus importante entre afrikaners modérés et conservateurs. Ainsi, la répression policière l'emporte durant les dernières années de son mandat alors que le front démocratique uni est à son tour interdit.
L'arrivée au pouvoir en 1989 de Frederik de Klerk modifie la donne politique. C'est au bout de 6 mois de délibération au sein du parti national que cet afrikaner, jusque là réputé pour ses positions conservatrices, avait accédé au poste de dirigeant du parti avec pour mandat de réformer le système afin de répondre à l'aspiration du vote égalitaire des noirs et de poser dans un cycle de négociations constitutionnelles, l'intangibilité de certains principes comme l'inviolabilité de la propriété privée et la mise en place de dates butoirs pour bloquer de possibles revendications foncières.
Les partis politiques autrefois interdits sont légalisés et les négociations officiellement entamées dès mars 1990 entre l'ANC et le gouvernement. La majeure partie des lois d'apartheid sont abolies entre 1989 et juin 1991 et un forum constitutionnel est mis en place en avril 1992, suite au mandat spécifique pour négocier avec les partis comme l'ANC, accordé par près de 70 % des électeurs blancs au président sud-africain le 17 mars 1992 lors d'un référendum. Si certains des Afrikaners conservateurs se réfugient dans des utopies communautaristes (Volkstaat), d'autres, qui considèrent aussi qu'ils sont le coeur de la nation blanche d'Afrique du Sud, réinventent le slogan "s'adapter ou mourir" pour conduire l'ouverture politique envers la majorité noire du pays.
Après 4 années de négociations constitutionnelles, les premières élections multi-raciales se déroulent en avril 1994, débouchant sur l'élection de Nelson Mandela, premier président noir de la république d'Afrique du Sud.